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“Marche” contre Johnny Patcheko : le coup d’envoi des mobilisations de l’opposition ?

Alors que la marche contre Johnny Patcheko s’est déroulée sans entrave, certains y voient un précédent pour les mobilisations politiques en Côte d’Ivoire.

« Trop c’est trop ! », « On veut la justice », « Insulter une femme, c’est insulter Dieu lui-même »… Ce lundi 24 février 2025, une marche organisée par des femmes a rassemblé plusieurs dizaines de personnes devant le tribunal du Plateau à Abidjan.

Cette mobilisation visait à dénoncer les propos « malveillants, calomnieux et totalement infondés » tenus par le cyberactiviste Koukougnon Chris Yvon dit Johnny Patcheko, à l’encontre de Madame Dominique Ouattara, Première Dame de la Côte d’Ivoire, une « figure emblématique de l’engagement social et humanitaire ».

Sans intervention des forces de l’ordre
Les vidéos de Patcheko, devenues virales, ont suscité l’indignation d’une partie de la population, poussant la Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Madame Nassénéba Touré, à réagir fermement.

Dans un communiqué publié le 20 février, elle a déclaré qu’« Il est impératif que justice soit rendue afin de laver l’honneur de Madame Dominique Ouattara et de préserver la dignité des femmes de notre pays. »

Si la légitimité de cette mobilisation ne fait pas débat, son déroulement pacifique, sans intervention des forces de l’ordre, suscite néanmoins des interrogations sur l’équité dans la gestion des manifestations publiques en Côte d’Ivoire.

Un précédent pour les marches de l’opposition ?
À huit mois du scrutin présidentiel, les partis de l’opposition et la société civile exigent des réformes pour des « élections transparentes et démocratiques », tout en dénonçant le mutisme du pouvoir en place. Le jeune médecin, Dr Osman Chérif, secrétaire national aux affaires extérieures de la J-PDCI, voit donc dans cette marche un argument de poids pour les partis d’opposition.

« Hier, nous avons vu des femmes manifester pacifiquement au Plateau contre les propos de Johnny Pacheco, elles n’ont pas été empêchées par la police. Ce qui prouve qu’il est possible d’organiser une marche citoyenne sans entrave en Côte d’Ivoire », écrit-il ce mardi.

« Dans ce contexte, poursuit-il, nous, citoyens ivoiriens qui voulons voter en 2025, pouvons-nous envisager une marche pacifique devant la CEI pour réclamer une Révision de la Liste Électorale (RLE) 2025 juste et transparente ? »
Cette interrogation renvoie à plusieurs manifestations passées. En septembre 2024, une marche contre la vie chère avait été interdite, et une trentaine de manifestants avaient été arrêtés, dont 19 condamnés à six mois de prison. En 2021, des docteurs non recrutés dans la fonction publique avaient vu leur rassemblement violemment dispersé par la police, entraînant l’arrestation de 42 manifestants.

Pour de nombreux observateurs, ces faits posent la question de l’égalité des citoyens dans l’exercice de leurs droits démocratiques. « La démocratie implique l’égalité des citoyens dans l’expression de leurs revendications. Si une cause peut être défendue dans la rue, alors la nôtre aussi mérite d’être entendue », martèle Dr Osman Chérif.

 

 

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