
« Notre région doit agir ensemble, ou sombrer séparément », alerte M. Foli-Bazi Katari, ministre togolais de l’Environnement, lors de la cérémonie d’ouverture. Ce document, premier du genre, analyse sept enjeux : changement climatique, qualité de l’air, dégradation des terres, biodiversité, eau douce, zones côtières, déchets et urbanisation. Il compile aussi les profils environnementaux des 15 États membres, avec un focus sur la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Gambie, la Guinée et le Niger, soutenus techniquement et financièrement par la CEDEAO.
Un nouveau baromètre pour l’espace
« Ce rapport est un outil scientifique pour guider nos politiques. Il montre l’ampleur des défis : désertification, montée des eaux, perte de biodiversité…», explique Barros Bacar Banjai, représentant résident de la CEDEAO au Togo.
Présidée par le ministre Katari, la cérémonie a réuni des acteurs clés : UEMOA, UICN, WASCAL, Banque d’Investissement de la CEDEAO, et des consultants internationaux. Dans son discours, le ministre a insisté sur l’urgence d’agir : « L’environnement, notre patrimoine commun, subit des mutations aux conséquences dramatiques. Ce rapport doit être un déclic pour des décisions audacieuses. »
M. Banjai est revenu sur les efforts régionaux existants : politiques climatiques adoptées, projets de reboisement, et stratégies pour une économie verte. « La CEDEAO ne reste pas les bras croisés. Mais sans données fiables, nos actions restent fragmentées », a-t-il souligné, annonçant une publication officielle du rapport lors du 50e anniversaire de la CEDEAO en 2025.
Une validation collégiale
L’objectif des 72 heures de réunion ? Adopter un document consensuel, enrichi des contributions des États. « Chaque observation compte. Ce rapport doit refléter nos réalités locales pour être utile à tous », explique un expert du Centre de Suivi Écologique (CSE) présent sur place. Des financements innovants sont aussi à l’étude, via la Banque d’Investissement de la CEDEAO, pour soutenir des projets écologiques. « La transition verte coûte cher, mais l’inaction coûtera bien plus », prévient un économiste présent à Lomé.
Parmi les priorités évoquées : Lutter contre l’avancée du désert au Sahel ; Protéger les zones côtières menacées par l’érosion ; Gérer les déchets électroniques, fléau urbain ; Renforcer la coopération transfrontalière contre la pollution. Une fois validé, le rapport servira de base aux plans d’action nationaux et régionaux. La CEDEAO promet un suivi rigoureux, avec des indicateurs mesurables. « Il ne s’agit pas de faire un énième diagnostic, mais de passer aux actes », martèle un représentant de l’Union du Fleuve Mano.


