La famille s’élargit et accueille de nouveau membre. Le Zimbabwe a officiellement déposé sa candidature pour rejoindre les BRICS, le groupe influent des économies émergentes. L’annonce a été faite, jeudi à Moscou par le ministre des Affaires étrangères Amon Murwira, aux côtés de son homologue russe, Serguei Lavrov.
« Le joyau de l’Afrique » (Zimbabwe) intégrera, le dimanche 09 mars prochain, un club qui pèse 40 % du PIB mondial et représente 51 % de la population globale. Mais pourquoi ce pays d’Afrique australe mise-t-il sur cette alliance ?
Respect mutuel et égalité souveraine : Les raisons de Harare
Lors de la conférence de presse, Amon Murwira a justifié cette démarche utile pour la stabilité économique de son pays. « Les BRICS constituent l’une des plus importantes plateformes de coopération économique, fondée sur les principes du respect mutuel et de l’égalité souveraine des nations. Le Zimbabwe bénéficierait de tout système qui respecte ces principes clés. »
Un plaidoyer pour un multilatéralisme loin de l’influence occidentale. Le ministre a ajouté que « nous remplissons les conditions requises […], nous posons notre candidature et attendons une réponse conforme au consensus des BRICS. » Un discours prudent, mais qui révèle une ambition gouvernementale d’aller loin et de diversifier les alliances économiques et politiques.
Les BRICS en 2025 : Un géant de 19 pays
Depuis le 1er janvier 2025, les BRICS comptent 19 membres, incluant des poids lourds comme la Chine, l’Inde, la Russie et l’Afrique du Sud. Cette expansion répond à une volonté d’accroître leur influence face au G7, en ciblant spécifiquement les pays du Sud. Avec un PIB combiné dépassant celui de l’Union européenne et une population majoritaire sur le globe, le groupe se positionne comme un contrepouvoir mondial.
Pour le Zimbabwe, rejoindre ce cercle signifierait un accès à des investissements, des marchés émergents et un soutien diplomatique face aux sanctions occidentales. La candidature zimbabwéenne a été annoncée en Russie, partenaire de longue date de Harare. C’est une aubaine pour qui Moscou cherche à renforcer ses alliances en Afrique face à son isolement occidental post-guerre en Ukraine.
Les BRICS, perçus comme un « club anti-Occident », offrent un espace où la Russie et la Chine promeuvent un ordre mondial multipolaire. Intégrer le Zimbabwe, soumis à des sanctions américaines et européennes depuis les années 2000, renforcerait cette dynamique. Si les BRICS attirent, les critères d’adhésion restent méticuleux. Le pays doit prouver sa stabilité économique et politique – un défi pour Harare, miné par une inflation chronique (plus de 200 % en 2024) et des tensions internes.
Avec cette candidature, les BRICS continuent de séduire les pays frustrés par le système financier occidental. Le groupe multiplie les initiatives : banque de développement, monnaies alternatives au dollar, soutien aux projets miniers et agricoles. Pour le Zimbabwe, adhérer aux BRICS serait aussi un moyen de contourner les sanctions. « C’est une opportunité de redéfinir notre place dans l’économie mondiale », analyse un économiste hararien.



