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Boycott des examens scolaires : Pour 90 milliards d’arriérés, les écoles privées laïques menacent l’Etat


Des paiements inégaux, des fondateurs à bout. Les établissements privés laïques de Côte d’Ivoire sont en crise avec une ardoise de près de 90 milliards FCFA d’arriérés de frais d’écolage de la part de l’État pour l’année scolaire 2023-2024. Une situation crasse révélée par M. Bety Effinistand, porte-parole de la Fédération Nationale des Établissements Privés Laïcs de Côte d’Ivoire (FENEPLACI), lors d’un point de presse le vendredi 19 avril 2025 à Yamoussoukro.
« Nous sommes pratiquement à la fin de l’année scolaire 2024-2025, et pourtant les frais de l’année précédente n’ont pas été réglés », a-t-il déploré. Des enseignants impayés, des établissements en difficulté, et des résultats scolaires en chute libre. « Ce n’est pas étonnant que les résultats au privé ne soient pas bons », a-t-il ajouté.

Un système numérique qui aggrave les retards
La mise en place du système ABS, censé améliorer la gestion des élèves affectés de l’État via un pointage numérique, n’a pas apporté les bénéfices attendus. « On nous avait promis célérité et transparence, mais c’est depuis l’introduction de l’ABS que les retards se sont accentués », explique M. Effinistand. Selon la FENEPLACI, les décisions de paiement arrivent désormais avec un tel retard que les établissements ne peuvent plus obtenir de préfinancement auprès des banques. « Les partenaires financiers n’ont plus confiance », affirme-t-il.

« Nous voulons que nos enfants aillent aux examens dans de bonnes conditions. Mais pour cela, l’État doit jouer son rôle », alerte le porte-parole. Il insiste sur la nécessité pour l’État de régler au plus vite les frais de l’année 2023-2024, tout en soulignant que les établissements sont déjà en droit de réclamer ceux de l’année 2024-2025.
Même lorsque l’État effectue des paiements, tous les établissements n’en bénéficient pas. Et la situation est d’autant plus critique que les élèves affectés par l’État représentent aujourd’hui jusqu’à 90 % de l’effectif de certains établissements privés, contre une minorité d’élèves payant leur scolarité. « Quand tu as 90 % de ton chiffre d’affaires dehors pendant un an ou deux, même avec du génie, tu ne peux pas t’en sortir », affirme-t-il. Et d’ajouter, « Les 200 élèves payants dans un établissement de 1 000 élèves ne peuvent pas supporter les charges de tous ».

Les examens scolaires en danger
Malgré de nombreuses alertes et correspondances envoyées à toutes les autorités concernées de la Primature à l’Assemblée nationale la FENEPLACI affirme n’avoir reçu aucune réponse satisfaisante. « Nous avons tout tenté. Nous ne savons plus à quel saint nous vouer », regrette M. Bety Effinistand. Les fondateurs craignent désormais une cessation de paiement, avec pour conséquence directe la fermeture de certains établissements ou le retrait du personnel enseignant.

Cette situation met aussi en péril l’organisation des examens de fin d’année. « Nous voulons que nos enfants aillent aux examens dans de bonnes conditions. Mais pour cela, l’État doit jouer son rôle », alerte le porte-parole. Il insiste sur la nécessité pour l’État de régler au plus vite les frais de l’année 2023-2024, tout en soulignant que les établissements sont déjà en droit de réclamer ceux de l’année 2024-2025.

Pression fiscale malgré les impayés
Comme si la situation n’était pas assez critique, les établissements sont soumis à la pression constante de la CNPS et des Impôts, qui n’hésitent pas à menacer ou fermer certaines écoles en pleine année scolaire. « C’est incompréhensible que l’on subisse des sanctions alors même que l’État nous doit autant d’argent », s’indigne M. Bety Effinistand.

La FENEPLACI lance un ultime appel aux autorités pour qu’un calendrier clair de paiement soit mis en place. « Si les établissements sont payés correctement, les enseignants seront motivés, et cela jouera positivement sur les résultats du privé laïc », conclut le porte-parole. Plus de 60 % des élèves ivoiriens sont scolarisés dans le privé. Cette crise ne concerne pas seulement les fondateurs. Elle interpelle toute la chaîne éducative nationale et risque de compromettre l’avenir de milliers d’élèves si rien n’est fait rapidement.

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