
Et pour cause : son petit-fils, Tidjane Thiam, vient d’être radié des listes électorales. Motif ? « Manque de nationalité ». Oui, vous avez bien lu.
Tidjane Thiam. Le prodige, le stratège bancaire adulé, l’enfant brillant du pays, celui que ses partisans voyaient comme le seul capable de soutenir le regard d’Alassane Ouattara sans trembler. Radié. Comme un inconnu. Comme un vulgaire tricheur.
Le PDCI croyait avoir trouvé en lui la cure de jouvence tant attendue. Mais la justice, elle, a dégainé l’article 48 du Code de la nationalité. Verdict sans appel : en devenant français en 1987, Thiam aurait perdu sa nationalité ivoirienne. Trente-huit ans plus tard, cette vieille décision refait surface, telle une archive fiscale oubliée. Les avocats crient à l’injustice, documents à l’appui. Mais la juge, implacable, a refermé le dossier.
Et voilà Thiam : sans carte d’électeur, sans pays. Ni Français, ni Ivoirien. Le voilà adhérent malgré lui à cette élite improbable : la République des Apatrides de Haut Standing. Une innovation 100 % ivoirienne : l’apatride éligible à la présidence.
Dans l’au-delà, Houphouët tempête : « Mon sang, mon héritier, traité comme un fraudeur ? »
Pendant ce temps, ici-bas, au RHDP, on esquisse un sourire discret. Après Gbagbo, Soro, Blé Goudé, c’est au tour de Thiam d’être mis sur la touche. La présidentielle s’annonce comme un duel interne : RHDP contre RHDP, sous le regard résigné d’une opposition éparpillée.
Et Tidjane dans tout ça ? Il insiste : « Je serai candidat. Pas de plan B. »
C’est noble, c’est courageux. Mais la loi lui oppose un mur froid : « Sans carte, sans papiers, comment comptes-tu t’y prendre ? »
Ironie de l’histoire : le petit-fils du fondateur de la République ivoirienne, lui-même exclu de cette République… pour une question de papiers.
On nous avait pourtant présenté Thiam comme un ami de Macron, un homme du monde, un Ivoirien global. Et pourtant, à Abidjan, la politique semble se jouer d’absolument tout — même de l’ADN.


