L’armée israélienne a annoncé ce dimanche 18 mai lancer de « vastes opérations terrestres » dans la bande de Gaza, en parallèle de négociations indirectes à Doha pour obtenir un cessez-le-feu.
Elle a affirmé dans un communiqué que l’armée avait lancé « de vastes opérations terrestres dans le nord et le sud de la bande de Gaza », au lendemain de l’intensification de ses bombardements sur le territoire palestinien assiégé. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu s’était dit ouvert à un accord incluant la fin de l’offensive de son armée à Gaza, où au moins 50 Palestiniens, dont de nombreux enfants, ont été tués dans de nouveaux bombardements, selon les secours.
À ce stade, des colonnes de tanks pénètrent dans la bande de Gaza au nord sur l’axe de Jabaliya et au sud sur l’axe de Khan Younés, selon des témoins sur place. Selon l’armée israélienne, c’est le début de l’opération « Chariot de Gédéon », l’invasion terrestre de la Bande de Gaza.
Pression militaire, négociations sous le feu, Benyamin Netanyahu et son gouvernement font tout pour brouiller les pistes, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. Cette annonce intervient au lendemain de l’intensification par l’armée de sa campagne aérienne et terrestre à Gaza visant à obtenir, selon elle, la libération des otages israéliens retenus par le Hamas et de défaire le mouvement islamiste palestinien, une escalade critiquée à l’international.
Alors que des négociations indirectes se tiennent à Doha pour obtenir un cessez-le-feu, le Premier ministre Benyamin Netanyahu s’est dit dimanche ouvert à un accord incluant la fin de l’offensive de son armée, tout en affirmant que l’accord devrait inclure l’« exil » du Hamas et le « désarmement » du territoire assiégé et dévasté par plus de 19 mois de guerre, des exigences jusque-là rejetées publiquement par le mouvement palestinien. Le gouvernement israélien avait pourtant approuvé début mai un plan pour « la conquête » de Gaza et un déplacement de sa population, semblant alors écarter toute négociation.
« Arrêter le massacre »
Le jour de l’annonce par l’armée de l’expansion de ses opérations, le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a annoncé la reprise « sans condition préalable » des négociations indirectes avec Israël au Qatar, pays médiateur. Une source du Hamas au fait des négociations a indiqué ce dimanche que le mouvement abordait les pourparlers avec « une grande flexibilité ».
Jusque-là, le Hamas s’est dit prêt à libérer tous les otages enlevés durant l’attaque du 7-Octobre dans le cadre d’un accord global mettant fin à la guerre, qui verrait notamment un retrait total israélien de Gaza et exclurait son désarmement.
Israël a repris le 18 mars ses bombardements, après le blocage des négociations pour prolonger une trêve qui a duré deux mois. Depuis le 2 mars, il bloque l’entrée de toute aide humanitaire vitale pour les 2,4 millions de Palestiniens de la bande de Gaza.
Après l’expansion de l’offensive israélienne, les appels se sont multipliés pour cesser la guerre. Il faut « arrêter le massacre à Gaza », a dit le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. « Ça suffit », a lancé le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani.



