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Centre culturel Jacques Aka : « L’Avare » de Molière, une adaptation ivoirienne signée Abass Zein crée l’émotion


Après un triomphe éclatant sur la scène de l’Institut Français de Côte d’Ivoire (IFCI), la compagnie théâtrale L’Arbre à Palabres, dirigée par le talentueux Abass Zein, poursuit sa tournée nationale avec l’adaptation ivoirienne de « L’Avare » de Molière. C’est dans la ville de Bouaké, au Centre Culturel Jacques Aka, que les projecteurs se sont rallumés, le samedi 17 mai 2025, pour une représentation vibrante, mêlant théâtre classique, comédie musicale, français soutenu et nouchi.
La salle du Centre Culturel Jacques Aka de Bouaké était pleine le samedi 17 mai 2025 à cette occasion. Cette salle comble témoignait de l’enthousiasme du public, composée de personnalités locales, d’élus, de membres des communautés française et libanaise.

Dans l’univers de Molière
Dès 20h44, dans une ambiance feutrée et sous des lumières tamisées, les spectateurs ont été transportés dans l’univers mordant et intemporel de Molière. La pièce, écrite en 1668, conserve toute sa pertinence, dénonçant l’obsession de l’argent à travers le personnage d’Harpagon, prêt à sacrifier l’amour et le bonheur de ses enfants au profit de son trésor.

Dans cette relecture contemporaine, Abass Zein insuffle une africanité subtile à l’œuvre classique. Les situations comiques, les chants rythmés inspirés de la tradition locale et les dialogues revisités en nouchi, permettent une appropriation culturelle forte. Le texte initial est respecté, mais adapté pour refléter les problématiques sociales et politiques actuelles de la Côte d’Ivoire, notamment celles liées à l’avidité, à la famille et au pouvoir.

Le public de Bouaké a répondu présent avec ferveur. C’est la preuve que le théâtre reprend ses droits
« Le public de Bouaké a répondu présent avec ferveur. C’est la preuve que le théâtre reprend ses droits », s’est réjoui Abass Zein à l’issue de la représentation. Le metteur en scène a annoncé dans la foulée la prochaine étape de la tournée à Daloa, caractérisé sa volonté de démocratiser l’accès au théâtre et de valoriser le patrimoine littéraire universel à travers une approche ivoirienne.

Le Directeur du Centre Culturel Jacques Aka, M. Adamu Sidy Abdoul Razack, a quant à lui salué cette étape mémorable dans la programmation du centre, qui a célèbre cette année ses 50 ans d’existence. « Le théâtre est au cœur de nos priorités culturelles. Grâce à des partenariats solides, nous voulons redonner à la scène ivoirienne sa place dans le cœur des populations », a-t-il affirmé, en remerciant la ministre de la Culture, Mme Françoise Remarck, pour son appui constant.

Présence de l’ULCM
La soirée a également été marquée par la présence active de la communauté libanaise, conduite par M. Haidar Salman, président de l’Union Libanaise Culturelle Mondiale (ULCM). Celui-ci a salué la qualité de la pièce et la richesse de la collaboration entre l’ULCM, l’Institut Français de Côte d’Ivoire et la compagnie d’Abass Zein. « La culture est un levier de paix et de cohésion. Nous continuerons d’accompagner toutes les initiatives allant dans ce sens », a-t-il souligné.

À Bouaké, L’Avare n’a pas seulement fait rire. Il a ému, rassemblé et rassemblé. Une belle preuve que le théâtre ivoirien, entre modernité et tradition, a encore de beaux jours devant lui.

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