Le samedi 24 mai 2025, à l’espace-panel du SARA 2025, une table ronde stratégique a réuni les principaux acteurs de la filière anacarde autour du thème : « La compétitivité de l’industrie de l’anacarde face aux défis du marché international ». Une occasion pour les producteurs, acheteurs, transformateurs, exportateurs et autorités de dresser un état des lieux et de proposer des pistes concrètes pour renforcer la position de la Côte d’Ivoire sur le marché mondial.
La filière anacarde ivoirienne est confrontée à une concurrence accrue sur le marché international. Les pays asiatiques, notamment le Vietnam et l’Inde, dominent la transformation et l’exportation de noix de cajou, bénéficiant de coûts de production plus bas et de technologies avancées. Cette situation invite la Côte d’Ivoire à renforcer sa compétitivité en améliorant la qualité de sa production et en investissant dans la transformation locale.
Quelques chiffres de la filière
La campagne 2025 de la filière anacarde s’annonce prometteuse avec une production projetée à 1 150 000 tonnes, soit une hausse de 20 % par rapport à 2024. Ce lien témoigne d’un dynamisme fort dans un secteur qui mobilise 400 000 producteurs à travers le pays. Cultivée sur plus de 1,36 million d’hectares, la noix de cajou est la deuxième source de devises du secteur agricole en Côte d’Ivoire. Plus de 800 coopératives participent à cette production, offrant un ancrage local solide.
Trois types d’acteurs structurent la commercialisation : les acheteurs, qui sont plus de 1 300 agréés (personnes physiques, coopératives ou sociétés commerciales), les exportateurs – environ 180 agréés en 2022 – et les transformateurs, au nombre de 33, avec un taux de représentativité de 99 %.
Les exportateurs, chargés de la vente extérieure, ne peuvent s’approvisionner que via les acheteurs agréés ou les coopératives. Quant aux transformateurs, ils privilégient des produits de qualité directement auprès des producteurs. La filière repose également sur plusieurs structures professionnelles clés comme la FENACACI (acheteurs), l’OIA-Anacarde et l’Association des exportateurs de cajou, garantes d’une meilleure organisation du secteur.
Renforcer la transformation locale
Les panélistes étaient : Soro Beh (PCA de l’OIA-Anacarde), Adama Sidibé (V-PCA de l’OIA-Anacarde), Djakaridja Koné (Président de la FENACACI – Acheteurs), N’guettia Assoman Alex (Association des exportateurs de cajou) et Loukmane Diaby (Président du GIC-CI – Transformateurs)
La transformation locale de l’anacarde demeure essentiellement le plus grand défi de la filière. Actuellement, une grande partie de la production est exportée à l’état brut, limitant ainsi la valeur ajoutée pour l’économie nationale. Les intervenants ont, tour à tour, tablé sur l’intérêt d’investir dans des unités de transformation modernes et de former une main-d’œuvre qualifiée. Cela permettrait non seulement de créer des emplois, mais aussi de mieux répondre aux exigences du marché international en termes de qualité et de traçabilité.
La compétitivité de l’industrie de l’anacarde repose également sur une collaboration étroite entre les différents acteurs de la filière. Les différents panélistes sont des revenus sur la nécessité de renforcer les synergies entre producteurs, transformateurs, exportateurs et institutions publiques. Une meilleure coordination permettra de mutualiser les ressources, d’harmoniser les normes de qualité et de développer des stratégies communes pour accéder à de nouveaux marchés.
Le défi ivoirien
Pour relever les défis du marché international, les participants ont appelé à l’élaboration d’une stratégie nationale intégrée pour la filière anacarde. Cette stratégie devrait inclure des mesures incitatives pour la transformation locale, des programmes de formation pour les acteurs de la filière, ainsi que des initiatives pour améliorer l’accès au financement. L’objectif est de créer un environnement favorable à la compétitivité et à la durabilité de l’industrie de l’anacarde en Côte d’Ivoire.
La table ronde du SARA 2025 a permis de lever le voile sur certaines zones d’ombre et d’aiguiser les défis auxquels est confrontée l’industrie de l’anacarde ivoirienne sur le marché international. Pour y faire face, une approche intégrée impliquant tous les acteurs de la filière est indispensable. En investissant dans la transformation locale, en renforçant la collaboration entre les parties impliquées et en élaborant une stratégie nationale cohérente, la Côte d’Ivoire peut améliorer sa compétitivité et consolider sa position sur le marché mondial de l’anacarde.



