Au Carrefour Amani, dans le Quartier Prof de Tiassalé, les jours passent dans l’angoisse et les nuits sont devenues des cauchemars. Depuis le samedi 14 juin 2025, les habitants vivent une situation critique causée par des pluies torrentielles qui n’ont laissé aucune chance à de nombreuses familles. En l’espace de quelques heures, les eaux de pluie ont tout emporté sur leur passage : matelas, meubles, appareils électroménagers… mais surtout la quiétude des résidents.
Dans cette zone où les habitations sont parfois construites sur des terrains bas et mal drainés, les caniveaux de fortune édifiés par des riverains n’ont pas résisté à la violence des eaux de ruissellement. En certains endroits, le niveau de l’eau a dépassé deux mètres, atteignant un mètre ailleurs, inondant maisons, cours et ruelles.
Papis K., enseignant du primaire, fait partie de ceux dont la maison a été totalement envahie par les eaux. Avec amertume, il décrit la scène : « Ma maison est devenue une piscine géante. » Contraint de quitter précipitamment son domicile dans la nuit de samedi à dimanche, il a dû trouver refuge ailleurs. Mais il n’est pas le seul. Des dizaines de familles se retrouvent aujourd’hui sans abri, vivant dans l’attente et l’incertitude.
Devant l’ampleur de la situation, un élan de solidarité s’est levé. Le cadre local et fils de Tiassalé, Alpha Sanogo, a aussitôt mis en place un plan d’urgence humanitaire. L’objectif : soulager les souffrances des sinistrés. Ce plan comprend la distribution de vivres, mais aussi une solution de relogement temporaire pour ceux qui ont perdu leur toit.
Le lendemain, dimanche 15 juin, de nouvelles pluies se sont abattues sur la commune, rendant la situation encore plus insupportable pour les habitants du Carrefour Amani. Face à cette urgence, Alpha Sanogo a décidé d’ouvrir sa résidence privée, située au Quartier Lycée, aux familles sinistrées. Là-bas, elles peuvent bénéficier d’un minimum de confort, loin des inondations. « Toutes les commodités pour dormir » leur sont offertes, le temps que les précipitations s’apaisent.
Pour l’heure, aucun décès n’a été enregistré. Le bilan est exclusivement matériel, ce qui représente une lueur d’espoir dans cette mer de désolation. Cependant, les habitants restent sur le qui-vive, alors que les services météorologiques annoncent encore de fortes pluies dans le sud du pays. Beaucoup espèrent que cette mésaventure appartient déjà au passé. « Nous espérons que le pire est derrière nous », confient-ils, les yeux remplis d’inquiétude.
Malgré cet élan d’optimisme, Alpha Sanogo demeure lucide. Conscient de l’imprévisibilité de la météo en cette saison, il choisit la prudence. Il maintient son plan d’urgence actif, afin de pouvoir répondre rapidement à toute nouvelle situation critique. Son engagement citoyen, salué par la population, apparaît aujourd’hui comme un modèle de solidarité en temps de crise.



