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Joël N’guessan (RHDP) : ‘’L’exclusion de certains acteurs politiques aboutira à une crise au plan national’’

À quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, Joël N’guessan, ancien ministre des Droits de l’Homme et ex-porte-parole du RHDP, a brisé le silence sur un sujet brûlant de l’actualité politique nationale : l’exclusion de certains leaders majeurs du paysage politique ivoirien. Dans une déclaration au ton grave, il met en garde contre les conséquences d’une telle démarche, qu’il juge périlleuse pour la paix sociale.

Cette intervention de Joël N’guessan ne va certainement plaire à certains cadres et militants de son parti, le RHDP. En effet, jetant un regard sur la présidentielle 2025, l’ancien ministre des Droits de l’Homme et ancien porte-parole du parti au pouvoir s’est appesanti sur l’excluions de Laurent Gbagbo (PPA-CI), Tidjane Thiam (PDCI-RDA), Guillaume Soro (GPS) et Charles Blé Goudé (Cojep).

Joel N’guessan contre les exclusions
« L’exclusion de certains acteurs politiques aboutira à une crise au plan national, qui, si l’on n’y prend garde, sera plus meurtrière que celle qu’on a connue en 2010-2011 », a-t-il affirmé, visiblement préoccupé. Dans sa ligne de mire : les cas de Laurent Gbagbo (PPA-CI), Tidjane Thiam (PDCI-RDA), Guillaume Soro (GPS) et Charles Blé Goudé (COJEP), tous aujourd’hui hors course pour diverses raisons judiciaires ou administratives.

Pour Joël N’guessan, cette répétition de l’histoire est lourde de dangers. « Les mêmes causes produisent les mêmes effets », insiste-t-il, pointant du doigt un système qui favoriserait, selon lui, l’injustice sociale. Il ne cache pas que sa position pourrait déplaire à certains au sein de sa propre famille politique, le RHDP. Mais sa démarche se veut citoyenne et responsable : « Je signe et je persiste, les exclusions sont dommageables. On a vu tout ce que ça nous a causé par le passé. »

Mon chauffeur et mes gardes du corps ont été tués sous mes yeux. Je ne veux plus revivre cela
Derrière ce plaidoyer se cache une expérience personnelle douloureuse. Joël N’guessan se souvient avec émotion des traumatismes de la crise postélectorale de 2010-2011, au cours de laquelle il a perdu des proches. « Mon chauffeur et mes gardes du corps ont été tués sous mes yeux. Je ne veux plus revivre cela. » Ce drame personnel nourrit aujourd’hui sa volonté de prévenir tout conflit électoral.

Dans ses propos, l’ancien ministre interpelle les magistrats, qu’il accuse d’être à l’origine de certaines décisions d’exclusion : « Ce sont certains magistrats qui sont à la base de tous les problèmes que nous avons connus. Ce n’est pas moi qui ai décidé de ne pas délivrer un certificat de nationalité ivoirienne à Tidjane Thiam. Ce sont eux. » Et d’ajouter : « Si demain, il y a des troubles, ce seront les magistrats les responsables, pas les hommes politiques. »

Sa réponse à Laurent Gbagbo
Sur le cas de Laurent Gbagbo, Joël N’guessan se montre à la fois critique et pragmatique. À propos de la déclaration du fondateur du PPA-CI qui promet de « se battre », il rétorque : « Ce n’est pas surprenant. C’est son sport favori. Même au pouvoir, il se comportait comme un opposant. Mais nous, au RHDP, nous n’avons aucune envie de nous battre contre qui que ce soit. » Le ton se veut ferme mais pacifique : « Ceux qui veulent se battre n’ont qu’à porter des tee-shirts, leurs baskets, et aller se battre ailleurs. Nous, nous voulons la paix. »

Fervent défenseur d’une présidentielle inclusive et apaisée, Joël N’guessan prône des solutions politiques aux blocages actuels. Il évoque l’exemple de 2010, où Alassane Ouattara, après des accords politiques dont celui de Ouagadougou, avait pu participer à la présidentielle. Pour lui, ce précédent doit inspirer les dirigeants actuels afin d’éviter que des décisions administratives ou judiciaires ne viennent confisquer la volonté populaire.

Ceux qui cautionnent l’exclusion sont souvent ceux qui n’ont rien perdu en 2010-2011. Moi, j’ai payé un lourd tribut
Cet appel lancé par Joël N’guessan, bien que formulé à titre personnel, résonne dans un climat politique de plus en plus tendu. Alors que les alliances se redessinent et que les tensions montent à l’approche du scrutin, sa voix s’élève comme un rappel à la sagesse et à la mémoire des blessures non encore cicatrisées. « Ceux qui cautionnent l’exclusion sont souvent ceux qui n’ont rien perdu en 2010-2011. Moi, j’ai payé un lourd tribut. »

En prenant cette position, l’ancien ministre ne se place pas en opposition frontale avec le RHDP, mais interpelle sa propre famille politique sur l’urgence de préserver la paix. Son message est clair : la stabilité du pays doit primer sur les calculs partisans. « Nous ne poserons aucun acte qui va contre la cohésion sociale, la paix et la quiétude des Ivoiriens », a-t-il assuré.

 

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