
Son emblème, deux mains se serrant au centre d’un triangle sur fond blanc, symbolise la paix, la tolérance et la solidarité. Sous la houlette de Bello Bouba Maïgari, ancien Premier ministre et ministre d’État depuis 28 ans, le parti a longtemps prôné le libéralisme démocratique et social, défendant l’initiative privée, la justice sociale et l’unité nationale.
L’UNDP face à un choix qui pourrait diviser
À 92 ans et 42 ans de pouvoir, Paul Biya se dirige vers un 8ème mandat présidentiel dans l’indifférence générale. Mais aujourd’hui, l’UNDP se retrouve à l’heure des choix. Ce samedi 28 juin, le comité central se réunit à Yaoundé pour décider du maintien ou non de l’alliance avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) du président Paul Biya. Cette réunion intervient dans un contexte de tensions internes et de pressions extérieures.
Depuis plusieurs mois, la base militante pousse Bello Bouba Maïgari à tourner la page de la majorité présidentielle. Beaucoup estiment que le bilan des 28 années de compagnonnage avec le parti présidentiel reste maigre pour l’UNDP, en particulier dans ses fiefs du Nord-Cameroun. La démission récente d’Issa Tchiroma, ex-ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a renforcé le sentiment d’urgence au sein du parti.
Un parti en perte d’influence
L’UNDP, qui comptait 68 députés à l’Assemblée nationale après les premières élections législatives de l’ère multipartite en 1992, a vu son poids politique s’éroder au fil des ans. Son alliance avec le RDPC, censée lui garantir une place dans la majorité, a progressivement affaibli sa présence sur le terrain électoral, y compris dans le Nord, son bastion historique.
La question du maintien de l’alliance se pose avec d’autant plus d’acuité que le RDPC domine désormais la scène politique dans des régions autrefois acquises à l’UNDP. Nombre de militants voient dans la rupture avec la majorité présidentielle une chance de reconquérir ces territoires lors des prochaines échéances locales et nationales.
Le directoire du parti se retrouve ainsi sous pression, pris entre la fidélité à une alliance de longue date et la volonté d’émancipation exprimée par la base. Les tractations internes s’intensifient, alors que le pouvoir multiplie les démarches pour retenir ce partenaire politique, conscient de l’importance stratégique de l’UNDP dans le Nord.
Une recomposition du paysage politique ?
La réunion du comité central pourrait bien ouvrir la voie à une nouvelle dynamique. Si la tendance à la rupture se confirme, l’UNDP pourrait suivre l’exemple du FSNC d’Issa Tchiroma et annoncer prochainement son propre candidat à la présidentielle d’octobre 2025. Pour de nombreux observateurs, cette prise de distance serait aussi l’occasion pour le parti de retrouver une voix propre, après des années passées dans l’ombre du RDPC.
C’est toute la question des alliances et des équilibres politiques qui se pose à l’approche des prochaines élections. Le débat sur la longévité au pouvoir de Paul Biya, qui cumule les mandats depuis 1982, alimente les discussions. L’« exception camerounaise » pourrait être remise en cause si d’autres formations choisissent, elles aussi, de s’affranchir de la majorité présidentielle.
Dans ce contexte, l’UNDP doit trancher : rester fidèle à une alliance qui l’a affaiblie sur le terrain ou tenter de reconquérir ses bastions en jouant la carte de l’autonomie. La décision attendue à l’issue de la réunion de Yaoundé sera scrutée de près, tant par les militants que par les autres acteurs politiques du pays.


