
« Le président Alassane Ouattara tient aujourd’hui entre ses mains le destin de la Côte d’Ivoire. Une seule décision de lui peut faire basculer la Côte d’Ivoire dans le chaos, tout comme une décision peut permettre au pays de naviguer dans la paix », a déclaré Nady Gbagbo, devant les femmes réunies à Agou pour célébrer la fête des Mères.
« Dans cette solitude du pouvoir, il sait ce qu’il a à faire ! Il n’est pas encore trop tard. Tout est possible ! », a ajouté la marraine de la cérémonie.
Appel à une alternance apaisée
Cet appel au président de la République intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, à quelques mois de la présidentielle d’octobre 2025. Son époux, Laurent Gbagbo, désigné candidat par le PPA-CI, n’est pas inscrit sur la liste électorale, en raison d’une condamnation par contumace en 2018 dans l’affaire du casse de la BCEAO.
Bien qu’il ait bénéficié d’une grâce présidentielle, cette mesure n’efface pas la condamnation, ce qui le rend actuellement inéligible. Seule une amnistie — que seul le président Alassane Ouattara peut accorder — permettrait de rétablir ses droits civiques.
« Que Dieu éloigne de lui toutes les personnes belliqueuses. Les va-t-en-guerre qui sont auprès d’un chef sont toujours les premiers à fuir quand le pouvoir est perdu. Et j’en sais quelque chose », a déclaré Mme Gbagbo au cours de la cérémonie, exhortant le chef de l’État à se détourner des logiques de confrontation.
Dans son discours, elle a insisté sur l’importance d’une transition pacifique entre dirigeants, en soulignant que ce serait un fait historique marquant. « Ce qu’il faut construire aujourd’hui, c’est l’alternance pacifique entre un ancien président et un nouveau président. La Côte d’Ivoire le mérite », a-t-elle insisté.
“Un crime n’est jamais parfait”
L’épouse de l’ancien chef de l’État a esquissé un scénario dans lequel le président Ouattara quitterait le pouvoir dans le respect des règles démocratiques, et où Laurent Gbagbo reviendrait pour un unique mandat.
« Le président Laurent Gbagbo réussirait son entrée en tant que nouveau chef d’État, élu pour cinq années uniquement, parce qu’il a décidé de ne faire qu’un seul mandat », a déclaré Nady Gbagbo, rappelant au passage la promesse de l’ancien président de créer une banque des femmes, avec un financement sans intérêt.
Au-delà de l’appel au président en exercice, Nady Gbagbo a mobilisé les militantes du PPA-CI pour soutenir la candidature de son époux. « Notre chef est candidat, a-t-elle rappelé. Réussissez donc le parrainage. Même si la CEI vous met des bâtons dans les roues, trouvez les parrains. »
« Un crime n’est jamais parfait », a par ailleurs affirmé Mme Gbagbo, en réagissant à la dernière décision de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples concernant le président du parti panafricain. « Restez sereins, restez déterminés ! », a-t-elle conclu.


