À moins de quatre mois de la présidentielle, la politique climatique continue de s’électriser en Côte d’Ivoire. À la Une des journaux ce mardi : Alassane Ouattara, que certains soupçonnent de céder à la tentation d’un quatrième mandat, et Nady Bamba-Gbagbo, qui s’en prend violemment à la Cour africaine des droits de l’homme.
Dans Nouvelles Générations, on lit un titre choc : « Comment Ouattara est devenu l’otage de son clan ». Le quotidien explique que certains barons du RHDP « veulent que le président Ouattara soit candidat et qu’il soit réélu pour leur permettre de conserver leurs privilèges ». Une stratégie d’auto-survie pour ceux qui « sont devenus multimilliardaires » grâce aux « gros marchés » depuis l’accession du chef de l’État au pouvoir.
Même son de cloche dans Le Bélier, qui parle d’un « quatrième mandat : la tentation de trop pour Alassane Ouattara », tandis que Notre Voie accuse le pouvoir de manipuler les règles : « Constitution de 2016, limitation des mandats – Le RHDP prêche le faux ».
“Un crime trop parfait”
Pendant que le camp présidentiel est sous pression, Le Quotidien d’Abidjan s’attarde sur l’affaire Gbagbo. « Comment la Cour s’est totalement discréditée », écrit-il à sa Une. Dans un arrêt rendu public le jeudi 26 juin 2025, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), siégeant à Arusha (Tanzanie), a jugé recevable la requête de l’ex-président Laurent Gbagbo, mais l’a rejeté au fond.
« Un crime n’est jamais trop parfait », s’indigne son épouse Nady Bamba Gbagbo , dénonçant une justice selon elle instrumentalisée à des fins politiques.
« Vous avez sûrement vu un communiqué relayant une décision de la Cour africaine des droits de l’homme circuler sur les réseaux sociaux au sujet de votre leader. Ce qui, chez certains, a provoqué du découragement. Mais avez-vous lu l’arrêt ? », s’est-elle également fréquentée devant les femmes réunies à Agou pour célébrer la fête des Mères, le 28 juin dernier.
« On mange mieux en paix »
Sur un autre front, la scène parlementaire est aussi connue de l’agitation. « Les députés PDCI-RDA quittent l’hémicycle », titre Le nouveau Réveil. En pleine séance plénière marquant la clôture de la première session ordinaire de l’année, les députés du groupe parlementaire PDCI-RDA ont quitté la salle ce lundi 30 juin, sous les salutations de plusieurs invités de marque, parmi lesquels le président de l’Assemblée nationale du Congo, invité d’honneur.
Outre l’invité d’honneur, plusieurs personnalités parmi lesquelles le Premier ministre Robert Beugré Mambé, la présidente du Sénat, Kandia Camara, le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Eugène Aka Ahouélé, des ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire et des représentants de l’Union africaine étaient également présents à cette cérémonie solennelle.
Le président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo, a tenté de calmer le jeu en déclarant que « cela reste un mode d’expression dans une démocratie ».
Ce geste collectif, selon les élus du vieux parti, s’inscrit dans une logique de protestation contre le refus du pouvoir d’ouvrir un dialogue politique inclusif en vue des réformes urgentes de la CEI, de la liste électorale, et du respect des droits des opposants, notamment la réintégration des dirigeants radiés. Ils dénoncent également un climat d’intimidation, des arrestations arbitraires et l’illégalité de certaines décisions de la CEI, tout en appelant à l’intervention de la communauté nationale et internationale pour éviter une crise majeure.
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Mais cette posture n’a pas convaincu tout le monde. Le Matin note que plusieurs députés PDCI refusent la logique du boycott : « Guikahué, Mady et Heims François disent “Non” au boycott du PDCI”. Le Patriote, de son côté, constate que « le groupe parlementaire PDCI se déchire ».
Enfin, une note d’humour et de sagesse dans Le Jour Plus, avec cette citation du président de l’Assemblée nationale du Congo-Brazzaville, Isidore Mvouba, au cours de la clôture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale : « On ne mange pas la paix, mais on mange mieux en paix ».



