
Réunis le samedi 5 juillet au siège du parti à la Riviera Bonoumin, les responsables territoriaux, les fédéraux et les membres du directoire ont reçu les kits de collecte numérique, dans une ambiance solennelle et de grande mobilisation.
Pour le PPA-CI, cette phase est bien plus qu’une simple formalité technique : c’est un signal politique fort. C’est aussi un test grandeur nature de la capacité du parti à activer ses réseaux, région par région, pour marquer sa présence sur l’ensemble du territoire national.
45 missions déployées
« Le parrainage du PPA-CI se fera à l’échelle de tout le territoire ivoirien. Nous ferons le parrainage au nord, au centre, à l’est, à l’ouest, au sud. Nous ferons le parrainage partout, parce que notre candidat est le candidat de l’unité nationale », a déclaré, devant l’assemblée, Damana Pickass, 2ᵉ vice-président du Conseil Stratégique et Politique (CSP).
Pour mener à bien cette opération, le parti a mis en place un système de collecte modernisé. Les collecteurs utiliseront des tablettes spécialement paramétrées pour scanner les données des électeurs et enregistrer les parrainages à l’aide d’un système de reconnaissance faciale. À cela s’ajoute un registre papier pour les zones non couvertes par le réseau.
Kaza Djah, président de la commission électorale du parti, en a expliqué le fonctionnement :
« Vous scannez le code QR de la carte d’électeur, vous introduisez le numéro de téléphone, vous scannez le visage du parrain, et après validation, le parrainage est activé. »
Mais le parti ne compte pas s’arrêter à l’aspect technologique. Des équipes de sensibilisation pilotées par Stéphane Kipré, vice-président exécutif, sillonneront les régions dès la semaine prochaine. Objectif : expliquer les enjeux du parrainage et renforcer le maillage local. Ce sont au total 45 missions qui seront déployées à travers le pays.
Prouver l’ancrage réel
Dans un calendrier électoral resserré, le PPA-CI s’est fixé une date butoir : le 25 juillet. Trois semaines, pas un jour de plus, pour collecter les signatures requises dans toutes les régions du pays.
Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du parti, a placé cette opération sous le signe de la responsabilité collective. « Il est impossible pour nous qu’on nous dise que la candidature du président Laurent Gbagbo est rejetée pour défaut de parrainage. C’est impossible, et ce serait inacceptable », a insisté l’ancien ministre.
Pour lui, la mobilisation de la base militante est essentielle. « Il faut que tous et toutes, nous allions au parrainage, collecter les parrains pour que le dossier du président Laurent Gbagbo soit irréprochable », a appelé M. Dano Djédjé.
Le message est clair : pas question de rater cette étape. Le PPA-CI veut démontrer qu’il est prêt, structuré et mobilisé pour faire revenir son leader historique au plus haut sommet de l’État.
En 2020, le parti avait déjà réussi cette collecte dans des conditions difficiles, sans la présence de Laurent Gbagbo sur le territoire. Cette fois-ci, le contexte est différent : l’ancien chef d’État est là, physiquement, et son parti veut prouver que son ancrage est réel, même dans les régions réputées hostiles.
Le parrainage devient ainsi la première démonstration publique d’un parti en campagne, avec un objectif : ramener Laurent Gbagbo à la présidence, cinq ans après son retour d’exil.


