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Economie nationale : Quand le commerce libano-ivoirien se prend une avance sur la RSE


L’heure est au renouveau à la Chambre de commerce et d’industrie libanaise de Côte d’Ivoire (CCIL-CI). L’Institution qui célèbre ses 15 ans, a engagé une profonde réorganisation pour mieux répondre aux évolutions du pays. « La Côte d’Ivoire change, son économie se transforme, et nous devons accompagner ces mutations », explique Serge AKL, directeur général de la CCIL-CI.

Après une période de ralentissement liée à la pandémie, la chambre a choisi de renforcer sa communication afin de mieux faire entendre la voix d’une communauté historiquement discrète. Cette prudence dans la communication ne diminue en rien l’importance économique de la communauté libano-ivoirienne. Souvent constituées d’entreprises de droit ivoirien, ces sociétés sont présentes dans des secteurs clés comme l’agroalimentaire, la distribution ou le bâtiment. Elles contribuent activement à la croissance et à la création d’emplois dans le pays.

Des commissions thématiques pour structurer l’action
Pour mieux organiser son travail, la CCIL-CI s’appuie sur plusieurs commissions spécialisées. La commission responsabilité sociétale des entreprises (RSE), créée en partenariat avec la Chambre de commerce française et le Cercle français des affaires, vise à préparer les entreprises aux exigences croissantes en matière de développement durable.

« Nous aidons les entreprises à intégrer des pratiques responsables, en phase avec les attentes nationales et internationales », précise Serge AKL.
Une autre commission est dédiée à l’entrepreneuriat des jeunes. L’objectif est de former et d’accompagner les porteurs de projets, avec la perspective de créer un incubateur de start-ups dans les prochaines années. Parallèlement, des groupes de travail sur la fiscalité et les douanes facilitent le dialogue avec les autorités, afin d’améliorer la compétitivité des entreprises libano-ivoiriennes.

Au-delà des actions immédiates, la chambre prépare des projets structurants. Parmi eux, la création d’une commission dédiée aux énergies renouvelables, un secteur jugé crucial pour la transition écologique de la Côte d’Ivoire. « La question environnementale est au cœur des préoccupations actuelles, et nous voulons accompagner cette dynamique », souligne le directeur général.

Des réformes et mises à jour
Par ailleurs, la CCIL-CI travaille à mieux quantifier l’impact économique de la communauté libanaise. « Les données disponibles sont souvent anciennes et peu fiables. Nous menons une étude rigoureuse pour y remédier », indique Serge AKL. Cette démarche vise à mieux faire reconnaître la contribution réelle de cette communauté à l’économie ivoirienne.

Malgré les défis, notamment liés à la perception de la communauté ou à la concurrence économique, la chambre reste confiante. « Nous faisons partie intégrante de l’écosystème ivoirien. Notre avenir est ici, en Côte d’Ivoire », conclut Serge AKL, affirmant la volonté de la CCIL-CI de continuer à jouer un rôle actif dans le développement du pays.

Une communauté, une intégration durable et un rôle économique affirmé
La CCIL-CI s’attache à mieux mesurer l’impact économique de cette communauté, consciente que les données disponibles sont souvent anciennes ou imprécises. « Beaucoup d’entreprises dites libanaises sont en réalité enregistrées sous droit ivoirien, dirigées par des personnes d’origine libanaise mais parfois de nationalité ivoirienne, française ou autre », précise Serge AKL. Cette situation complique l’évaluation statistique de leur contribution.

Malgré ces difficultés, leur influence est manifeste dans des secteurs comme l’agroalimentaire, la distribution ou le BTP. Ces entreprises participent activement à la création d’emplois et contribuent aux recettes fiscales du pays. « Leur rôle est essentiel dans la dynamique économique ivoirienne », souligne le directeur général. Pour lui, la construction d’une nation repose sur une vision partagée de l’avenir. La communauté a cette volonté de s’inscrire durablement dans le développement du pays, tout en contribuant à son dynamisme économique et social.

Présente en Côte d’Ivoire depuis plus d’un siècle, la communauté libanaise s’est progressivement enracinée dans le tissu économique et social du pays. Aujourd’hui, cette communauté, bien que minoritaire, occupe une place importante dans plusieurs secteurs clés, notamment le commerce, l’industrie et les services. Contrairement aux idées reçues, nombre d’entre eux ne retournent plus au Liban, préférant construire leur vie et leur avenir en Côte d’Ivoire, où certains choisissent même d’être inhumés, signe d’un attachement profond.

Cette rencontre avec le directeur général de la CCIL-CI met en lumière une communauté qui, au-delà de ses origines, s’est profondément intégrée à la société ivoirienne, apportant une contribution économique notable et s’engageant dans des initiatives porteuses pour l’avenir du pays.
Avec Serge AKL, la Chambre de commerce et d’industrie libanaise de Côte d’Ivoire s’illustre comme une institution en pleine mutation, qui cherche à s’adapter aux réalités économiques nationales tout en renforçant son rôle de partenaire des entreprises et des autorités. Face aux transformations du pays, la CCIL-CI affirme son engagement pour une croissance durable et inclusive.

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