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A quelle règle d’or obéit la plaque tournante de la présidence de l’UEMOA ?

Débouté par les 05 pays membres de l’UEMOA, le Burkina Faso règle son problème à la manière du Rwandais « Paul Kagamé ». Solidaire avec le pays des hommes intègres, le Mali et le Niger se retire de la séance de travail à Lomé. Mais, à quoi répond cette présidence de l’UEMOA ? Décryptage !

Au sein de l’UEMOA, la présidence tourne mais reste figée à la norme de collégialité. Elle roule selon un mécanisme de rotation bien établi. Au sein de l’UEMOA, la présidence du Conseil des ministres repose sur un principe de rotation entre les États membres. Chaque année, l’un des ministres des Finances est choisi par ses pairs pour assurer cette fonction. Le choix s’effectue lors d’une réunion du Conseil, où siègent deux ministres par pays, dont celui en charge des Finances.

Un organe décisionnel central
Le Conseil des ministres joue un rôle clé dans la gouvernance de l’Union. Il a la responsabilité de mettre en œuvre les décisions et orientations fixées par la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, qui demeure l’instance suprême de l’UEMOA. Cette conférence définit les grandes lignes de la politique régionale, tandis que le Conseil veille à leur application concrète.

Faute d’accord sur la désignation du Burkina Faso à la présidence du Conseil, les délégués des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont quitté la salle, laissant planer un malaise sur la gouvernance de l’Union.
Outre les ministres des Finances, le Conseil accueille également les dirigeants des principales institutions de l’Union, comme le président de la Commission de l’UEMOA ou le gouverneur de la BCEAO. Ce fonctionnement assure une gestion collective et une représentation équilibrée des intérêts des différents États membres, contribuant à la stabilité et à l’efficacité de l’organisation régionale.

L’incident de Lomé
La 2e session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’UEMOA, tenue le 11 juillet 2025 à Lomé, a été marquée par un incident inédit. Faute d’accord sur la désignation du Burkina Faso à la présidence du Conseil, les délégués des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont quitté la salle, laissant planer un malaise sur la gouvernance de l’Union.

Selon la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), ce départ fait suite au non-respect de l’article 11 des statuts de l’Union monétaire ouest-africaine. Ce texte prévoit que la présidence du Conseil des ministres revient, à tour de rôle, aux ministres des Finances des États membres, pour un mandat de deux ans. Or, le Burkina Faso estimait que son tour était venu d’assurer cette fonction, conformément à la règle établie.

Plusieurs sources évoquent un blocage politique, jugé injustifié par la délégation burkinabè, qui voit dans cette situation une remise en cause de ses droits au sein de l’organisation. Ce différend attise les tensions persistantes entre certains États membres et interroge sur la capacité de l’UEMOA à garantir une gouvernance réellement inclusive et respectueuse de ses propres textes.

 

 

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