05052026Headline:

Libéria: Critique mesurée de l’ancien Solliciteur général sur la présidence Weah

Un ancien membre influent du gouvernement libérien dirigé par George Weah, Cyrène Cephas, qui a occupé le poste de Solliciteur général, a récemment livré une critique nuancée mais significative du régime en place. Issu de la Coalition pour le Changement Démocratique (CDC) et lui-même ciblé par les sanctions américaines, Cephas a pointé du doigt des pratiques de favoritisme, de tribalisme et une gouvernance qu’il décrit comme peu rationnelle.

Dans une déclaration publique diffusée plus tôt cette semaine, Cyrène Cephas a résumé ce qu’il appelle la « Weahnisation » du Libéria, un néologisme visant à illustrer un système de leadership dominé par la loyauté au président au détriment du mérite ou de l’expérience.

Une voix dissidente contre la gestion de Weah
« Le gouvernement a tellement été Weahnisé que des enfants nés dans la pauvreté vivaient comme des rois et des reines », a-t-il expliqué. « Cette transformation s’est opérée sans réelle protection des militants qui avaient soutenu le régime dans l’opposition ». Il a décrit un président que la population ne rencontre quasiment pas dans la vie quotidienne, comparant sa présence à celle d’un feu d’artifice aperçu uniquement lors des cérémonies officielles, et réservé à un cercle restreint de collaborateurs.

Fait marquant, Cephas, malgré son passé au sein du régime Weah, a exprimé sa retenue à critiquer l’actuel président Joseph N. Boakai, arguant de ses propres regrets quant à son engagement passé et d’une certaine forme de loyauté résiduelle.
Cephas déplore l’incapacité du gouvernement à valoriser les partisans fidèles et sa dépendance excessive à des experts étrangers, au détriment des compétences locales. L’ancien Solliciteur général dénonce aussi une gouvernance marquée par les divisions internes, où ragots, mensonges et manœuvres de sabotage seraient monnaie courante. Concernant la conduite des retraites de cabinet, il les qualifie d’événements festifs sans véritable contenu politique, où le président adopterait un rôle passif, laissant les figures politiques recyclées dominer plutôt que les alliés sincèrement engagés.

Favoritisme ethnique et reproches sur la politique étrangère
Selon Cephas, le pouvoir se concentrerait de manière disproportionnée entre les mains d’un groupe ethnique, le Kru, dont seraient issus le président, le président du Sénat et le vice-président adjoint. Il y voit la preuve d’une mainmise régionale et tribale qui nuit à une gouvernance inclusive. Sur la scène internationale, il accuse l’ancien gouvernement d’avoir marchandé sa politique étrangère au point de compromettre le développement national.

Il fait notamment référence à des votes controversés aux Nations unies contre la Chine. Cette vente aux enchères des intérêts diplomatiques serait symptomatique selon lui d’une perte de cohérence stratégique. Fait marquant, Cephas, malgré son passé au sein du régime Weah, a exprimé sa retenue à critiquer l’actuel président Joseph N. Boakai, arguant de ses propres regrets quant à son engagement passé et d’une certaine forme de loyauté résiduelle. « Quand je pense à tout cela, je me sens coupable de critiquer le gouvernement actuel », a-t-il reconnu publiquement.

À propos de l’image de George Weah à l’issue de son mandat, Cephas a affiché un jugement sévère. Il l’a raillé pour ses apparitions sur les réseaux sociaux, considérées comme « honteuses » et « enfantines », surtout au regard de son implication dans les dysfonctionnements observés sous la présidence précédente.

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