Entre Laurent Gbagbo et son ancien Premier ministre, Pascal Affi N’Guessan, les lignes bougent dans le sens du rétablissement de leur relation. Après plus d’une décennie de tensions, marquée par une rupture officielle en août 2021, un vent de réconciliation semble souffler entre les deux camps à l’approche de la présidentielle d’octobre 2025.
Les gestes de rapprochement se multiplient
Depuis quelques mois, les gestes de rapprochement se multiplient. Pour la première fois, Laurent Gbagbo a invité Pascal Affi N’Guessan à participer, à ses côtés, à une manifestation du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), qu’il a fondé au lendemain de son retour de La Haye.
L’ancien Premier ministre conduira une forte délégation du Front Populaire Ivoirien (FPI) au meeting de protestation prévu ce samedi à Yopougon. Un geste salué par Apolos Dan Thé, vice-président du FPI. « Il faut saluer les signes de rapprochement entre le président Gbagbo et son ancien Premier ministre Affi N’guessan, qui se multiplient ces derniers temps », confie-t-il.
Ce dernier révèle qu’avant l’invitation formelle au rendez-vous du 16 août, les deux hommes s’étaient déjà parlé au téléphone. « Avant la marche du 9 août, organisée par le PPA-CI et le PDCI, à laquelle le FPI avait été convié, le président Gbagbo et le Premier ministre Affi ont échangé directement. Les nuages se dissipent entre les deux partis, et cela est à encourager. On peut le dire : ils se préparent à fumer le calumet de la paix », affirme-t-il.
Des années de rupture politique
La brouille entre les deux hommes remonte à 2014, lorsque Laurent Gbagbo, alors en détention à La Haye, contestait la direction du FPI assurée par Pascal Affi N’Guessan. Les désaccords se cristallisent autour de la ligne politique à adopter face au pouvoir en place, entraînant une scission profonde au sein du parti historique. Affi, reconnu par les autorités comme président légal du FPI, mène ses activités dans une logique de participation politique, tandis que les partisans de Gbagbo optent pour une posture plus radicale.
Aujourd’hui, je suis revenu de prison, il nous faut avancer. Je propose : laissons Affi avec l’enveloppe qu’il détient. Nous allons baptiser le FPI autrement
L’espoir fondé dans le retour au pays de Laurent Gbagbo-rentré en 2021- comme clé de résolution de la crise qui opposait les deux hommes depuis 2014 avait plutôt donné lieu à un éclatement du parti. L’ancien président a décidé de mettre fin au bras de fer juridique qui l’oppose depuis plusieurs années à Pascal Affi N’Guessan pour le contrôle du Front populaire ivoirien (FPI).
« Aujourd’hui, je suis revenu de prison, il nous faut avancer. Je propose : laissons Affi avec l’enveloppe qu’il détient. Nous allons baptiser le FPI autrement. Nous allons continuer à lutter. Le FPI, c’est nous. Nous allons changer de nom. C’est tout », a-t-il déclaré lundi 9 août à la tribune du Palais de la Culture.
Depuis l’appel de Bonoua lancé par Laurent Gbagbo en juillet 2024, les deux parties se sont inscrit dans une logique d’apaisement plutôt que de demeurer une posture d’affrontement par des tensions verbales. L’invitation envoyée par Gbagbo à Affi pour participer à ses côtés au meeting du samedi 16 août prochain est un signal fort. Ce geste, interprété comme une volonté d’unité, pourrait ouvrir la voie à une alliance électorale ou, du moins, à une trêve stratégique.



