
La mission d’inspection du FMI doit permettre d’évaluer les dossiers en cours, notamment l’exécution budgétaire 2025, la préparation du budget 2026 et les réformes envisagées par le gouvernement. Le Sénégal est désormais le pays le plus endetté d’Afrique, selon des données récentes.
Une dette publique en forte progression
Selon les chiffres officiels du ministère de l’Économie et des Finances, la dette publique sénégalaise a augmenté de manière significative ces dernières années. Elle est passée de 4 757 milliards de francs CFA en 2020 à 6 809 milliards en 2025. Cette hausse reflète une situation budgétaire sous pression, liée notamment à une gestion ponctuée de dépenses souvent imposées par des impératifs extérieurs et des besoins croissants d’investissement.
Un rapport de la Cour des comptes publié en février a révélé que l’endettement du pays représentait 99,7% du Produit intérieur brut (PIB) en 2023, soit bien plus que les 83% annoncés par l’ancienne administration.
Plus récemment, la banque britannique Barclays a revu à la hausse cette estimation, portant la dette publique à 119% du PIB pour 2024, un niveau inédit en Afrique. Ces données illustrent le poids grandissant de la dette, une charge qui absorbe une part écrasante des ressources publiques. « Presque tout l’argent du budget est consacré à la dette », soulignait récemment un responsable gouvernemental, décrivant un contexte où les marges de manœuvre économique s’amenuisent.
Le plan B de Sonko pour le redressement économique
La gravité de la situation a conduit le gouvernement sénégalais à préparer un « plan de redressement » dont les contours devraient être dévoilés dans les jours à venir. Ousmane Sonko, Premier ministre, a commenté ces révélations en dénonçant un héritage lourd laissé par l’ancienne administration. « Le régime précédent a hypothéqué le pays et les générations à venir », a-t-il déclaré lors d’une allocution diffusée sur les réseaux sociaux début juillet. Si les détails restent encore à préciser, ce plan devra assurer une meilleure maitrise des dépenses publiques et définir les attentes vis-à-vis des partenaires financiers internationaux. Il est déjà clair que des mesures d’austérité sont envisagées pour rétablir la trajectoire budgétaire.
Le FMI, pour sa part, a suspendu toute décision sur une éventuelle nouvelle assistance financière en attendant la remise d’un inventaire complet et actualisé de la dette publique sénégalaise. L’institution reproche au rapport de la Cour des comptes d’être incomplet et attend des clarifications pour mieux apprécier l’exposition réelle des finances publiques. Ce positionnement retarde en partie le soutien international, alors que le Sénégal doit faire face à la complexité d’un endettement croissant et à la nécessité d’investir dans des secteurs cruciaux pour sa croissance.
Malgré ce poids de la dette, certains indicateurs économiques des dernières années montrent une certaine résilience. Le taux d’inflation est relativement contenu à 3,2%, un des plus faibles de la région. De même, le chômage officiel a diminué, passant de 6,5% en 2020 à 3,5% en 2024, même si ce chiffre recouvre une forte précarité liée à l’économie informelle dominante. La relance de la filière coton est un élément positif.


