Dix ans après son adoption, la mesure d’interdiction des sachets plastiques en Côte d’Ivoire peine encore à s’imposer. Invité sur un plateau télévisé ce jeudi 21 août 2025 pour répondre aux questions sur l’hydraulique, l’assainissement et la salubrité, le ministre ivoirien en charge de la Salubrité, Bouaké Fofana, est revenu sur l’article 44 du code de l’environnement qui interdit l’utilisation des sachets plastiques.
Le ministre ivoirien de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Bouaké Fofana, s’est exprimé ce soir sur l’application de l’article 44 du Code de l’environnement, qui interdit depuis 2014 la production, l’importation, la commercialisation, la détention et l’utilisation de sachets plastiques à usage unique non biodégradables. Malgré cette interdiction, ces emballages continuent de circuler massivement sur les marchés et dans les ménages, exposant l’environnement et la santé publique à de graves risques.
Une interdiction difficile à appliquer
Interrogé sur le plateau d’une télévision nationale, le ministre a reconnu les difficultés rencontrées dans l’application stricte de la loi.
« La brigade chargée du contrôle n’est pas encore suffisamment étoffée, mais nous travaillons à son déployé dans tout le pays », a- t- il affirmé .
Bouaké Fofana a insisté sur la nécessité d’une approche globale combinant sensibilisation, mesures coercitives et responsabilisation citoyenne.
Selon lui, le gouvernement a déjà multiplié les campagnes de communication pour convaincre les ivoiriens d’abandonner les sachets plastiques, mais les résultats restent limités. C’est pourquoi l’exécutif envisage désormais un renforcement des sanctions prévues par le Code de l’assainissement et de l’hygiène, qui inclut des amendes et dans certains cas, des peines d’emprisonnement.
Les dangers du plastique pour l’environnement
L’utilisation persistante des sachets plastiques a des conséquences environnementales alarmantes. Jetés dans la nature, ces sachets obstruent les caniveaux, aggravant les inondations lors des pluies. Déplus, il est important de savoir qu’un sachet plastique met entre 100 et 400 ans à se décomposer, libérant au passage des microparticules nocives. La légèreté et l’usage massif des déchets plastiques font des sachets plastiques une source quasi incontrôlable d’ordures, qui enlaidissent les quartiers et dégradent les sols. Pour le ministre, l’enjeu est désormais d’amener les citoyens à modifier leurs comportements.
« Nous devons ensemble, avec l’aide des médias et de la société civile, sensibiliser davantage et surtout sanctionner lorsque c’est nécessaire. », a – t – il ajouté.
Le gouvernement veut s’inspirer d’expériences réussies dans d’autres pays africains, comme le Rwanda ou le Kenya, où l’interdiction des plastiques à usage unique est appliquée avec rigueur et acceptée par la population. Pour que cela soit efficace en Côte d’Ivoire, chaque citoyen devra apporter sa part à l’édifice en adoptant des gestes et des comportements responsables et respectueux de l’environnement.



