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Un classement mondial qui mesure le niveau de paix dans 163 pays et territoires

L’Institute for Economics and Peace (IEP) a publié l’édition 2025 de son Global Peace Index (GPI), un classement mondial qui mesure le niveau de paix dans 163 pays et territoires. Élaboré à partir de 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs, le GPI évalue la sûreté sociale, l’ampleur des conflits internes et internationaux, ainsi que le degré de militarisation. Cette nouvelle édition couvre 99,7% de la population mondiale, offrant ainsi un panorama complet de la situation globale, de son impact économique et des pistes pour encourager des sociétés plus stables.

Selon ce rapport, la paix mondiale continue de reculer, avec des conditions propices à des conflits plus graves qu’à tout autre moment depuis la Seconde Guerre mondiale. On y relève 59 conflits actifs liés à l’État, un record depuis 1945, et 152 000 décès liés à ces affrontements rapportés en 2024. Le nombre de pays impliqués dans des guerres dépassant leurs frontières a presque triplé depuis la fin de la guerre froide, passant de 13 à 34 en 2023.

Le cas de la Côte d’Ivoire
Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire occupe la 94e position au niveau mondial avec un score de 2,066, en très légère baisse de deux places par rapport à 2024. Sur le continent africain, elle se situe désormais au 17e rang, devant des pays comme la Guinée-Bissau, le Congo, l’Égypte, la Mauritanie ou le Bénin. Ce classement témoigne des progrès accomplis par le pays en matière de paix, de sécurité intérieure et de gouvernance, même si la situation globale demeure tendue. Le rapport édicte globalement plusieurs phénomènes inquiétants à l’échelle mondiale. La paix ne cesse de s’éroder depuis 2014, avec plus de 100 pays enregistrant un recul au cours de la dernière décennie.

Le nombre de conflits meurtriers internes a atteint un niveau inédit depuis 1999, avec 17 pays ayant déploré plus de 1 000 morts en 2024, et 18 autres dépassant la barre des 100 décès. Ce tableau s’inscrit dans ce que l’IEP qualifie de « Grande Fragmentation », une reconfiguration profonde de l’ordre mondial où la concurrence entre grandes et moyennes puissances s’intensifie, tout comme les formes de guerre asymétriques.
L’impact économique de cette violence est lui aussi significatif. En 2024, le coût global des conflits et de la militarisation a été estimé à près de 20 000 milliards de dollars, soit 11,6% du PIB mondial. En particulier, les dépenses militaires se sont élevées à 2 700 milliards de dollars, représentant plus des trois quarts du coût total causé par la violence. En comparaison, les ressources consacrées à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix sont nettement inférieures, à peine 0,52% des dépenses militaires mondiales.

Le rapport indique aussi que les actions décisives pour résoudre des conflits ont chuté. Alors qu’environ 49% des conflits déclenchés dans les années 1970 connaissaient une issue éclairée, ce taux est tombé à seulement 9% dans les années 2010. Cette évolution traduit une complexité accrue des crises et une internationalisation des combats. Ainsi, 78 pays étaient impliqués en 2024 dans des conflits dépassant leurs frontières territoriales, un phénomène préoccupant pour la stabilité régionale.

Le Libéria en exemple et les enjeux d’une paix durable
Au sein de l’Afrique, le Libéria est présenté comme un pays ayant enregistré des progrès notables. Classé 70e mondial, il se distingue par des efforts constants en matière de gouvernance, de sécurité sociale et de réduction de la criminalité. Ces améliorations correspondent à des indices plus favorables dans les domaines évalués par le GPI, notamment « sûreté et sécurité ». Elles confirment la valeur d’une paix dite « positive », fondée sur des institutions solides, des structures sociales apaisées et des attitudes favorables à la cohésion. Les efforts du Libéria renforcent l’éducation, les soins de santé et le vivre-ensemble, autant de leviers essentiels pour consolider ces acquis. Cette trajectoire encourageante tranche avec la dégradation globale constatée depuis 06 années consécutives dans le monde, où 87 pays ont enregistré un recul sur l’échelle de la paix, malgré les progrès manifestes dans 74 autres.

L’Islande reste en tête du classement mondial des pays les plus pacifiques, suivie de l’Irlande, de l’Autriche, de la Nouvelle-Zélande et de la Suisse. À l’inverse, la Russie, l’Ukraine, le Soudan, la République démocratique du Congo et le Yémen ferment la marche des zones les plus fragiles au moment où la communauté internationale doit relever des défis primordiaux. Enfin, le rapport érige le lien entre sécurité, gouvernance et développement économique. Les sociétés qui parviennent à renforcer durablement leur paix positive bénéficient généralement d’une meilleure croissance et d’une plus grande résilience face aux crises.

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