
Par-delà les alertes, le congrès ambitionne de dégager des recommandations pratiques destinées à orienter les politiques publiques, encourager la coopération scientifique et améliorer les systèmes de santé à l’échelle africaine. Pour les experts de santé publique, « si la gravité de la situation impose un ton alarmiste, les engagements exprimés laissent entrevoir une volonté collective de bâtir un avenir plus sûr et plus sain pour les populations ». La cérémonie a connu la participation de Mme Kandia Camara, Présidente du Sénat ivoirien, de Pierre Dimba, ministre de la Santé ainsi que d’éminents acteurs de la santé publique africaine.
L’impact alarmant du changement climatique sur les maladies infectieuses
Dans son discours d’ouverture, le Pr Serge Paul Eholié a noté la place centrale qu’occupe la SAPI dans la surveillance et la lutte contre les maladies infectieuses en Afrique. L’expert a indiqué que le changement climatique a déjà un impact tangible sur la santé publique. Illustrations à l’appui : la persistance toute l’année du paludisme et de la dengue en Côte d’Ivoire, la recrudescence d’épidémies de choléra dans dix-neuf pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, ainsi que l’apparition de nouvelles maladies transmises par des vecteurs.
Le ministère entend également répondre à la crise des ressources humaines en santé. Un fonds dédié à la spécialisation des infectiologues a été créé, doté de 250 millions de FCFA. Par ailleurs, le Fonds de lutte contre le Sida a été transformé pour inclure la lutte contre d’autres grandes pandémies, permettant de mobiliser jusqu’à 150 milliards de FCFA.
Le Pr Eholié a fait des précisions sur les trois menaces récurrentes qu’il considère comme prioritaires : la résistance antimicrobienne considérée comme un véritable fléau, la diminution préoccupante des financements internationaux dédiés au VIH, à la tuberculose et au paludisme, et surtout la pénurie grave de spécialistes en infectiologie. Selon lui, seuls 112 spécialistes existent dans les quatre coins de l’Afrique, un chiffre insignifiant au regard des enjeux. Il a lancé un appel aux gouvernements afin de soutenir la formation et le recrutement dans cette discipline, indispensable à la sécurité sanitaire.
Les engagements politiques du gouvernement ivoirien
Le ministre de la Santé, Pierre Dimba, a confirmé l’implication active du gouvernement face aux défis posés par le changement climatique. Il a évoqué l’adoption récente d’une loi sur le climat et la mise en place d’une commission nationale dédiée. Parmi les mesures concrètes annoncées figurent l’intégration de l’écologie dans la santé publique, le déploiement d’énergies renouvelables dans les infrastructures sanitaires, et l’adaptation des formations médicales au contexte environnemental.
Le ministère entend également répondre à la crise des ressources humaines en santé. Un fonds dédié à la spécialisation des infectiologues a été créé, doté de 250 millions de FCFA. Par ailleurs, le Fonds de lutte contre le Sida a été transformé pour inclure la lutte contre d’autres grandes pandémies, permettant de mobiliser jusqu’à 150 milliards de FCFA. Le ministre a rappelé que la reconnaissance officielle de la spécialité infectiologie est désormais affirmée et que de nouveaux services spécialisés seront implantés dans les zones régionales, notamment à Abobo.
La présidente du Sénat a clos la cérémonie d’ouverture en saluant la mobilisation des experts et le rôle clé joué par la SAPI pendant la pandémie de Covid-19. Pour Mme Kandia Camara, le changement climatique agit comme un multiplicateur de risques pour la santé publique, en aggravant la diffusion des maladies telles que le paludisme, la dengue ou le choléra. Elle a rappelé l’engagement institutionnel fort de la Côte d’Ivoire, notamment à travers la récente législation sur la lutte contre le changement climatique. Kandia Camara a appelé à une gouvernance intégrée et à une solidarité internationale renforcée afin de bâtir ensemble une résilience sanitaire et environnementale durable pour le continent.


