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Usage de l’appareil d’Etat pour influencer : Yayi Boni réclame la démission de Wadagni

Craignant un trop-plein de pouvoir et des marges de manœuvres partisanes, l’opposition commence à déranger la quiétude du dauphin de Patrice Talon. Doit-il démissionner de son poste de ministre en charge des finances ? En tous les cas, les opposants ont lancé les représailles. La désignation de Romuald Wadagni comme candidat de la majorité présidentielle à l’élection présidentielle d’avril 2026, fait à juste titre, de lui la cible verrouillée de l’opposition béninoise.

Le parti Les Démocrates, présidé par l’ancien président Thomas Boni Yayi, réclame la démission immédiate du ministre de l’Économie et des Finances. Pour ce parti d’opposition, la poursuite de Wadagni à ses fonctions ministérielles pose un risque de conflit d’intérêts, d’autant plus que la Direction générale des Impôts, sous tutelle de son ministère, est chargée de délivrer le quitus fiscal, document indispensable à toute candidature.

Un risque de conflit d’intérêts dénoncé par l’opposition
Le quitus fiscal est une pièce essentielle du dossier de candidature qui atteste de la régularité fiscale. Selon Les Démocrates, confier à un candidat la gestion de l’administration fiscale pendant le processus électoral fausse la compétition et ouvre la porte à des manipulations. Guy Mitokpe, responsable de la communication du parti, dénonce : « En dix ans de gouvernance, ils ont démontré leur habitude à violer les lois et les principes fondamentaux. Nous maintenons notre exigence de démission immédiate de Romuald Wadagni. » Cette demande exprime la méfiance profonde face au pouvoir en place, perçu comme tentant d’écarter toute opposition sérieuse par des moyens administratifs et juridiques. Face à ces critiques, le gouvernement a tenu à rassurer.

Lors d’une conférence de presse tenue le 5 septembre 2025, Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint du gouvernement et porte-parole, a affirmé que le ministre Wadagni cessera ses fonctions lorsqu’il en sera temps, mais pas avant la fin de la session budgétaire. « Nous sommes à la veille d’un moment crucial pour la gestion économique du pays », a-t-il expliqué, faisant référence à la préparation et au vote de la loi de finances 2026.
Le porte-parole a souligné que la Ministre est mobilisé pour défendre le budget dans les meilleures conditions et « le temps viendra pour Wadagni de se mettre en congé des fonctions gouvernementales afin de se consacrer à sa campagne ». Il a par ailleurs assuré que l’opposition peut être rassurée sur la neutralité de la délivrance des quitus fiscaux, affirmant que le ministère agit avec rigueur et impartialité.

Une posture institutionnelle au cœur d’une campagne électorale déjà engagée
Le débat sur la démission de Romuald Wadagni annonce des tensions plus large entre majorité et opposition, qui s’annonce vive en amont d’une élection présidentielle cruciale pour le Bénin. Si les Démocrates dénoncent une stratégie du pouvoir visant à utiliser l’appareil d’État pour contrôler les candidatures, le gouvernement souhaite maintenir la stabilité jusqu’à la fin des engagements budgétaires. Ce compromis temporaire devra néanmoins précipiter une issue claire dans les semaines à venir, à mesure que la campagne électorale s’intensifie.

La session parlementaire ouvrira en octobre et s’étendra sur plusieurs semaines, laissant peu de marge pour un départ anticipé de Wadagni tout en maintenant la pression politique. Cette controverse annonce la difficulté à concilier gestion publique et ambitions politiques dans un climat marqué par la méfiance. Le Bénin se prépare à une élection déterminante dans laquelle la transparence et l’équité du processus seront scrutées de près par l’opinion et les observateurs.

 

 

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