
Début août, plusieurs dizaines soldats dont des officiers supérieurs soupçonnés d’avoir comploté pour renverser la junte au pouvoir, avaient été arrêtés au Mali. D’autres arrestations étaient attendues selon des sources sécuritaires.
Moussa Sinko Coulibaly dément son arrestation et confirme son engagement politique au Mali
De récentes rumeurs avaient circulé sur une prétendue arrestation du général Moussa Sinko Coulibaly, ex commandant de l’École de guerre de Bamako. Ces allégations ont été fermement démenties : le général n’a pas été arrêté. Les soupçons pesaient sur plusieurs officiers supérieurs et soldats, arrêtés début août dans le cadre d’une enquête sur un complot visant à renverser la junte militaire au pouvoir, mais Moussa Sinko Coulibaly n’en fait pas partie. Né à Bamako le 14 juillet 1972, Moussa Sinko Coulibaly est une prouesse militaire et politique du Mali. Diplômé des prestigieuses écoles militaires françaises de Saint-Cyr et d’Angers, il a poursuivi une carrière d’officier instructeur avant d’occuper des postes clés dans la haute administration.
Moussa Sinko Coulibaly fut nommé ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire suite au coup d’État de 2012, puis participa à l’organisation de l’élection présidentielle de 2013 et 2018. Du Prytanée militaire de Kati aux classes préparatoires de La Flèche, en passant par Saint-Cyr, Moussa Sinko Coulibaly s’est forgé une solide formation militaire.
Polyglotte, il maîtrise le français, le bambara, l’anglais, et connaît l’allemand et le russe. Directeur de l’École de maintien de la paix à Koulikoro avant sa nomination ministérielle, son expertise s’étend à la formation des cadres militaires. Après avoir été promu général de brigade en 2013 par le président Dioncounda Traoré, il se rapproche du président Ibrahim Boubacar Keïta, mais n’est pas reconduit au gouvernement en 2014. En décembre 2017, Moussa Sinko Coulibaly démissionne de l’armée pour se lancer pleinement en politique. Il critique alors la gestion des forces armées et dénonce la montée des milices parallèles et la corruption dans la hiérarchie militaire.
Sinko Coulibaly souhaite un retour rapide à l’ordre constitutionnel
À la tête de la Ligue démocratique pour le changement (LDC), fondée en 2018, Moussa Sinko Coulibaly milite pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel au Mali. Lors du septième anniversaire du parti, organisé le 20 janvier 2025, l’ex-général a réaffirmé son engagement en faveur d’une transition raccourcie après près de cinq ans d’incertitude. « Pour un pays qui aspire à la démocratie, il est urgent de revenir à la stabilité constitutionnelle », a-t-il insisté. Il a aussi indiqué que la LDC vise à devenir une force de taille sur la scène politique malienne, en plaçant un candidat à la prochaine présidentielle et en obtenant une majorité à l’Assemblée nationale ainsi que dans les collectivités territoriales.
Avec cette posture, Moussa Sinko Coulibaly entend contribuer à l’ouverture d’un nouveau chapitre politique dans un contexte d’instabilité durable et de violences persistantes. Cette clarification sur son statut, loin d’éteindre son influence, souligne au contraire que Moussa Sinko Coulibaly demeure un acteur politique clé dans la perspective d’un Mali apaisé et démocratique.


