
Les régions concernées s’étendent sur quatre grands districts stratégiques : les Savanes, le Woroba, le Denguélé et le Zanzan. Ces espaces sont caractérisés par un enclavement important et des réseaux routiers peu développés, compliquant l’accès aux services essentiels. A cet effet, COSO porte une mission de renforcer la cohésion sociale, en améliorant les conditions de vie et les infrastructures de ces communautés.
Depuis quelques semaines, les habitants ont pu bénéficier de plusieurs infrastructures essentielles, inaugurées officiellement dans différentes localités. Un dispensaire moderne à Dassoumblé, une école à Nafala, une maternité à Blamadougou, et des centres de santé à Sogbessedougou et Sekodougou illustrent ces avancées concrètes.
Impact direct sur les conditions de vie
Le projet COSO répond à des besoins spécifiques en eau potable, en éducation et en santé, souvent problématiques dans ces régions. Par exemple, un collège de huit classes a récemment été inauguré à Sanhara (Poro), tandis qu’à Kermatedouo (Bounkani), les populations disposent désormais d’un marché rural, d’une pompe hydraulique à motricité humaine et d’un système d’alimentation en eau amélioré. Ces réalisations humaines et matérielles ont transformé le quotidien de nombreuses familles.
Da Snotey, chef du village de Kermatedouo, témoigne de l’impact de la pompe hydraulique installée : « Avant, nos femmes partaient à l’aube pour chercher de l’eau. Aujourd’hui, ce calvaire appartient au passé ».
À Sogbessedougou, près de la frontière guinéenne, des habitants racontent comment l’ouverture d’un dispensaire évite désormais à des femmes de parcourir de longues distances pour accoucher, ce qui sauve des vies et renforce la qualité des soins de proximité. Au total, le projet prévoit près de 1 700 infrastructures à construire, dont plus de 500 déjà livrées et près de 550 encore en chantier. Ces réalisations concernent 280 établissements scolaires, 442 structures de santé, 354 ouvrages hydrauliques, 108 marchés ruraux, ainsi que des périmètres maraîchers et des projets générateurs de revenus principalement au bénéfice des femmes et des jeunes.
Une démarche globale pour le développement et la cohésion sociale
Le COSO investit activement dans la formation des jeunes, la promotion du vivre-ensemble et le soutien à l’autonomisation économique. Des festivals de cohésion sociale organisés dans plusieurs régions rassemblent des milliers de participants autour de manifestations culturelles, sportives et de dialogues intercommunautaires. Ces événements participent à renforcer le tissu social dans un contexte parfois marqué par des tensions liées à l’isolement et aux fragilités économiques.
Dr Gniré Mariam Ouattara, coordinatrice du projet, insiste sur la volonté du gouvernement ivoirien et de ses partenaires de construire une politique durable d’amélioration des conditions de vie, notamment dans les régions frontalières longtemps négligées. Elle rappelle que le COSO est bien plus qu’un simple programme de développement : c’est un levier essentiel pour rapprocher l’État des citoyens et consolider la cohésion entre communautés.
Un modèle pour les zones rurales et frontalières
L’exemple du projet COSO indique la capacité de l’État ivoirien à concevoir et mettre en œuvre des actions concrètes adaptées aux spécificités des territoires les plus fragiles. Soutenu par la Banque mondiale, ce partenariat public-privé montre qu’il est possible de créer un impact visible rapidement, en combinant infrastructures, formation et mobilisation citoyenne. Ce faisant, le projet répond à l’urgence de réduire les inégalités territoriales, d’améliorer l’accès aux services essentiels et d’encourager le développement socio-économique, tout en favorisant la paix sociale.
En impliquant directement les populations au travers d’activités génératrices de revenus ou de manifestations culturelles, le COSO contribue à bâtir un sentiment d’appartenance et d’engagement, essentiel à la stabilité du pays sur le long terme. Le COSO s’inscrit dans une démarche cohérente avec la stratégie de développement nationale et les engagements internationaux de la Côte d’Ivoire. Il constitue un exemple à suivre pour d’autres pays confrontés à des défis similaires d’aménagement du territoire et d’inclusion sociale.


