04222026Headline:

Sommet à Doha : Israël oblige les dirigeants arabes et musulmans à se réviser

À l’issue d’un sommet exceptionnel tenu à Doha, les dirigeants arabes et musulmans ont lancé un appel unanime en faveur d’une révision des liens diplomatiques et économiques avec Israël. Cette décision fait suite à l’attaque israélienne qui a visé des responsables du Hamas dans la capitale qatarie, événement ayant suscité une large condamnation au sein du monde arabe et musulman.

La réunion conjointe de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) avait pour but principal de répondre à l’incursion israélienne sur le sol qatari, d’une gravité sans précédent. Le texte final adopté encourage tous les États à « revoir leurs relations diplomatiques et économiques avec Israël » et à engager des actions judiciaires contre cet État.

Parmi les pays présents figuraient des États qui reconnaissent Israël, tels que les Émirats arabes unis, Bahreïn, l’Égypte, la Jordanie et le Maroc. Néanmoins, plusieurs de ces pays, dont les Émirats, Bahreïn et le Maroc, étaient représentés par des hauts fonctionnaires plutôt que par leurs dirigeants, signe des tensions qui traversent cette question. La déclaration incite également les membres à coordonner leurs efforts pour suspendre l’adhésion d’Israël aux Nations unies, montrant une volonté de porter cette contestation vers les instances internationales.

Un sommet pour revoir les liens dans la région
Cet appel intervient alors que les États-Unis renforcent leur soutien à Israël. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, était à Jérusalem au moment du sommet, réaffirmant l’« appui indéfectible » de Washington à l’État hébreu dans sa lutte contre le Hamas. Mais cette position a suscité des remous dans le monde arabe, où plusieurs pays expriment de plus en plus ouvertement leur désapprobation.

L’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, n’a pas mâché ses mots, accusant Israël de vouloir « faire échouer les négociations » pour un cessez-le-feu à Gaza. Il a vivement critiqué les ambitions régionales du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en évoquant une « dangereuse illusion » de domination.
L’attaque qui a coûté la vie à plusieurs membres du Hamas et à un agent des forces qataries a provoqué une vague de condamnations sans précédent, y compris des monarchies riches du Golfe, traditionnellement alliées des États-Unis. Le président iranien Massoud Pezeshkian a engagé un appel à l’union, avertissant que « demain, ce pourrait être le tour de n’importe quelle capitale arabe ou islamique », faisant écho aux inquiétudes liées à la sécurité régionale.

Le poids des alliances et le rôle des États-Unis
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a affirmé que cette attaque complique sérieusement toute perspective de paix dans la région, menaçant aussi bien les accords existants que les possibles futures ententes. L’Égypte, tout comme d’autres pays arabes, suit avec attention l’évolution des relations entre Israël et ses voisins, notamment dans le cadre des accords d’Abraham signés en 2020. Ces accords, qui ont permis la normalisation des relations entre Israël et plusieurs États du Golfe comme les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc, cherchent aujourd’hui à s’élargir, avec l’Arabie saoudite comme principal partenaire futur.

Face à cette situation, les six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui regroupe notamment l’Arabie saoudite, les Émirats, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman, ont appelé les États-Unis à agir en tant que médiateur. Le secrétaire général du CCG, Jassem Al-Budaiwi, a exprimé à Doha le souhait que Washington use de son influence pour faire cesser les actions israéliennes.

Ce sommet à Doha illustre clairement les tensions qui minent les relations au sein du monde arabe et musulman autour de la question israélo-palestinienne. Alors que plusieurs pays ont choisi d’établir des liens diplomatiques avec Israël, l’attaque au Qatar conduit à une réévaluation d’une partie de ces relations. L’appel à la coopération régionale pour combattre la désinformation et défendre la souveraineté interrompue souligne le poids des enjeux géopolitiques, économiques et humanitaires liés à la situation.

 

 

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