Dame Yessoh Rita, institutrice à l’EPP BAD 1 de Grand Lahou, nouvelle promue directrice de cette école, a été tuée, le jeudi 25 septembre 2025, à l’arme blanche, par un quidam, devant ses deux fillettes et sa protégée.
L’école ivoirienne est une nouvelle fois endeuillée. Dame Yessoh Rita originaire de Dabou, institutrice à l’École Primaire Publique (EPP) BAD 1 de Grand Lahou et récemment promue directrice de l’établissement, a été poignardée à mort, le jeudi 25 septembre 2025, aux environs de 19 heures, à son domicile du quartier ”20 villas”. Le crime s’est déroulé sous les yeux de ses deux fillettes et d’une jeune protégée d’une douzaine d’années, plongeant toute la communauté éducative dans la consternation et soulevant une vague d’indignation.
Un drame en plein cœur de Grand Lahou
Selon nos sources sur place, la victime, après une journée de travail, s’était retrouvée à son domicile en compagnie de ses enfants et de sa protégée. Aux alentours de 19 heures, un individu aurait escaladé la clôture de la concession. Muni d’une arme blanche (certainement un couteau de cuisine), il s’est introduit dans la maison et a agressé l’institutrice, lui assénant plusieurs coups mortels. Pris de panique, il aurait dissimulé son visage à l’aide d’un morceau de pagne lorsque la jeune protégée a tenté de croiser son regard. Après son forfait, le meurtrier a quitté les lieux sans être inquiété.
Les crises de détresse de la victime ont alerté une voisine, mais il était déjà trop tard. Gravement atteinte et perdant beaucoup de sang, Yessoh Rita a néanmoins eu la force d’alerter par téléphone une proche, également enseignante à Grand Lahou, avant de s’effondrer. Transportée d’urgence à l’hôpital, elle a succombé malgré les efforts du corps médical.
Les instituteurs de Côte d’Ivoire ont-ils commis un crime pour mériter un tel sort ?
Le meurtre de Yessoh Rita intervient à peine un mois après l’assassinat de Prao Kouakou John Alex, enseignant tué dans la nuit du 12 au 13 août 2025 à Néoulefla, à l’IEPP de Séïtifla, dans la DRENA de Daloa . Cette répétition macabre alimente l’angoisse au sein du corps enseignant, qui se fait désormais envoyer un exposé sur une insécurité grandiose.
« Les instituteurs de Côte d’Ivoire ont-ils commis un crime pour mériter un tel sort ? », s’interroge un enseignant, abasourdi par cette succession de drames. Pour beaucoup, ces agressions traduisent un climat inquiétant, où ceux qui ont choisi de former les générations futures deviennent des cibles sans protection.
Mobilisation des enseignants de Grand Lahou
Face à cette tragédie, les enseignants de Grand Lahou ont décidé de se mobiliser. Selon Martin Koula, en service à l’inspection primaire de la ville, une marche de protestation est prévue ce vendredi 26 septembre 2025 vers la préfecture. « Nous sommes en train de nous regrouper dans son école. On a demandé à ce que toutes les écoles fermentent. On va marcher pour aller à la préfecture et remettre une motion de protestation contre l’assassinat récurrent des instituteurs. On souhaiterait que le meurtrier soit retrouvé pour que nous puissions reprendre les cours. C’est le préalable », at-il déclaré.
Cette suspension du cours est perçue comme un acte fort, destiné à alerter les autorités et à réclamer des mesures de sécurité en faveur des enseignants.
Certains rappellent qu’il y a environ un an, la victime avait déjà été victime d’un cambriolage en son absence
Les motivations du crime restent floues. S’agit-il d’un crime passionnel, d’un règlement de comptes ou d’un acte isolé d’une violence gratuite ? Certains rappellent qu’il ya environ un an, la victime avait déjà été victime d’un cambriolage en son absence. Cette piste, parmi d’autres, devra être explorée par les enquêteurs pour élucider les circonstances de ce meurtre brutal.
Au-delà de l’émotion et de la douleur, ce drame soulève des questions sur la sécurité des enseignants, particulièrement dans les localités de l’intérieur du pays. L’institutrice, connue pour son sérieux et son dévouement à la cause éducative, laisse derrière elle deux filles traumatisées et une communauté entière meurtrie.
Des actions fermes attendues
Les syndicats du secteur de l’éducation appellent à une prise de conscience collective et à des actions fermes des autorités pour que de tels crimes ne restent pas impunis. Car chaque fois qu’un enseignant est victime d’une agression, c’est l’école elle-même qui vacille et l’avenir des enfants qui est fragilisé.
Le meurtre de Yessoh Rita, en pleine ascension professionnelle, sonne donc comme un signal d’alarme. Entre incompréhension, colère et exigence de justice, Grand Lahou et, au-delà, toute la Côte d’Ivoire attend des réponses claires et des actions concrètes.



