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Liban: Le Hezbollah commémore la disparition d’Hassan Nasrallah, un an après

Le sanctuaire Nasrallah, le mausolée est devenu lieu de mémoire et symbole d’attachement chiite au Liban. Un an après la disparition d’Hassan Nasrallah, le Hezbollah commémore la mort de son ancien secrétaire général, tué par une frappe israélienne le 27 septembre 2024. Cette période de recueillement rappelle la place centrale qu’il occupait dans la vie politique et militaire au Liban, mais aussi les défis actuels auxquels le mouvement chiite libanais est confronté.
Dans la banlieue sud de Beyrouth, le mausolée d’Hassan Nasrallah, inauguré lors de ses funérailles en février 2025, accueille des centaines de milliers de partisans. Couvert de portraits du « Sayed », surnom honorifique signifiant sa filiation revendiquée avec le prophète Mohammed, il incarne pour beaucoup un symbole fort de résistance et d’espoir.

Vivant dans les cœurs
Roula, habitante de Dahieh âgée de 55 ans, témoigne de sa douleur : « J’ai fui mon domicile pendant deux mois la guerre dernière, mais cette perte est incommensurable ». Pour cette partie de la population, Hassan Nasrallah reste à jamais présent dans les cœurs. Né en 1960, Hassan Nasrallah a succédé en 1992 à Abbas Moussaoui, assassiné par Israël, à la tête du Hezbollah, fondé en 1982 par les gardiens de la révolution iranienne pour combattre l’occupation israélienne. Sous sa direction, le Hezbollah a expulsé l’armée israélienne du Sud-Liban en 2000, mettant fin à vingt ans d’occupation.

Son nom est également lié à la guerre de 2006, au terme de laquelle il avait proclamé une « victoire divine ». Ce conflit, ayant causé plus de mille morts côté libanais, a renforcé la stature du mouvement aux yeux de nombreux Arabes, pour qui Israël venait de battre leurs armées à répétition. À partir des années 2010, le Hezbollah s’est engagé en Syrie pour soutenir Bachar el-Assad, ce qui a coûté à son image parmi certaines communautés mais renforcé son rôle dans l’« axe de la résistance » mené par l’Iran.

L’assassinat et la transition douloureuse
Le 27 septembre 2024, Hassan Nasrallah est tué lors d’un bombardement israélien visant le quartier général du Hezbollah à Haret Hreik, dans Beyrouth Sud. Son successeur désigné, Hashem Safieddine, lui aussi victime d’une frappe quelques semaines plus tard, laissait le mouvement dans une période d’incertitude. De plus, le renversement du président syrien allié Bachar el-Assad en décembre 2024 venait fragiliser davantage cette alliance stratégique.

Face à la pression internationale pour un désarmement, le Hezbollah maintient sa position refusant de déposer les armes, restant fidèle à sa vision d’une résistance face à Israël.
Les célébrations du premier anniversaire ont été marquées par une forte mobilisation dans les bastions du Hezbollah, notamment à Dahieh et dans le sud et l’est du Liban. Le secrétaire général actuel, Naïm Qassem, prononcera un discours lors des rassemblements. La projection de portraits de Nasrallah et Safieddine sur le célèbre rocher de Raouché malgré les interdictions du Premier ministre Nawaf Salam a ravivé les tensions avec l’opposition et la position contestée du Hezbollah dans la société libanaise.

Sayed, un héritage politique et militaire achevé
Hassan Nasrallah reste l’un des dirigeants les plus influents du Moyen-Orient contemporain, mêlant chiisme, islamisme, nationalisme arabe et pragmatisme politique. Il incarne pour beaucoup la résistance à Israël, mais il est également accusé par certains pays et groupes d’avoir participé à des actes terroristes, notamment l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Politiquement, le Hezbollah s’affranchit progressivement de l’influence iranienne, renonçant notamment à l’idée d’un État islamique au Liban et s’intégrant dans les institutions politiques nationales. Toutefois, son bras armé demeure actif et puissant. Un après sa disparition, Hassan Nasrallah continue de symboliser la force et les contradictions du Hezbollah. Ce mouvement, à la fois acteur politique majeur et force armée paramilitaire, reste central dans les équilibres du Liban et du Proche-Orient.

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