Dans une interview accordée dimanche 28 septembre à Axios, le président américain Donald Trump a affirmé que les négociations autour de son plan visant à mettre fin à la guerre à Gaza en étaient à leur « phase finale ». Il a souligné l’espoir d’un accord qui permettrait non seulement un cessez-le-feu durable, mais aussi l’avènement d’une paix plus large au Moyen-Orient.
Donald Trump a décrit son initiative, élaborée avec l’aide de son envoyé spécial Steve Witkoff et de son gendre Jared Kushner, comme la première véritable tentative américaine pour mettre fin au conflit qui ravage la bande de Gaza depuis l’attaque meurtrière du Hamas en octobre 2023. L’objectif ne se limite pas au seul cessez-le-feu, mais entend ouvrir la voie à un règlement politique plus large.
La Maison Blanche s’inscrit dans la logique de paix
« Le monde arabe veut la paix, Israël veut la paix, et Bibi veut la paix », a martelté Trump en référence au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avec qui il a prévu une rencontre à la Maison Blanche dès ce lundi. Ces discussions doivent permettre de combler les dernières fissures observées dans les pourparlers, notamment sur le désarmement du Hamas et le rôle futur de l’Autorité palestinienne.
Parmi les grands principes de ce plan en 21 points, figurent la libération de tous les otages dans les 48 heures suivant un cessez-le-feu, le retrait progressif d’Israël de Gaza, la mise en place d’un gouvernement sans Hamas dans l’enclave, associant Palestiniens modérés et représentants arabes, ainsi qu’un mécanisme de sécurité incluant des forces internationales. Le financement d’une reconstruction soutenue par les pays arabes est également prévu.
Des lignes rouges existent
Plusieurs dirigeants arabes et musulmans, dont ceux de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l’Égypte, du Qatar et de la Jordanie, ont participé aux négociations et partagé plusieurs exigences. Parmi elles, l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie et à Gaza, la protection du statu quo à la mosquée Al-Aqsa, ainsi qu’une augmentation immédiate de l’aide humanitaire. Malgré ces convergences, le plan rencontre encore des résistances majeures. Benjamin Netanyahu a réaffirmé avec fermeté que l’Autorité palestinienne ne doit pas jouer un rôle à Gaza, considérant cette condition comme une « ligne rouge ».
De plus, le désarmement complet du Hamas reste un point de friction avec Israël, qui demande des garanties fortes. Quant au Hamas, il a déclaré ne pas avoir reçu de nouvelles propositions des médiateurs qatari et égyptien depuis trois semaines, après une tentative d’assassinat ratée sur ses dirigeants à Doha. Le mouvement réaffirme sa volonté d’étudier toute proposition dans le respect des droits palestiniens, mais la suspension des négociations rend incertaine la concrétisation d’un accord dans les jours à venir.
Un accord aux conditions complexes
Cette initiative américaine apparaît comme une tentative de relancer une paix jugée nécessaire par une majorité d’acteurs régionaux, mais elle reste tributaire d’un compromis délicat. Les discussions ont été profondément influencées par les attentats du 7 octobre 2023, qui ont fait plus de 1 200 morts en Israël et des centaines d’otages, provoquant une guerre qui a tué plus de 66 000 Palestiniens à Gaza. Au-delà du cessez-le-feu, le projet vise à reconstruire Gaza sur de nouvelles bases, avec un gouvernement technocratique sans influence du Hamas, mais dont la mise en place reste à définir précisément.
La démilitarisation complète, incluant la destruction des tunnels et de l’arsenal du Hamas, constitue une condition stricte pour Israël, tandis que les Palestiniens réclament des garanties quant à leurs droits politiques. Trump et ses alliés espèrent annoncer rapidement une « percée », mais le chemin reste semé d’embûches. Le soutien affiché par plusieurs pays arabes et musulmans donne une nouvelle dynamique au processus, mais l’absence de consensus total entre Israël et le Hamas, ainsi que les divisions internes palestiniennes, laissent planer une grande incertitude.



