
Ce jeudi, une deuxième journée de mobilisation rassemble des milliers de Français à l’appel des syndicats. Malgré une participation en baisse par rapport au 18 septembre, le mouvement social maintient la pression sur le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Un gouvernement sous tension
« Le gouvernement est en difficulté. Il n’a jamais été aussi faible. C’est justement le moment de se mobiliser », affirme Gérard Ré, représentant de la CGT. Les syndicats reprochent au chef du gouvernement son silence sur leurs revendications principales. La réforme des retraites et la taxation des plus riches restent les points d’achoppement. « Nous devions donner un ultimatum au Premier ministre. Force est de constater que le message n’a pas été reçu », déplore le responsable syndical. Les organisations demandent des réponses concrètes sur la protection du pouvoir d’achat et la défense des retraités.
Selon les chiffres de la CGT, environ 240 actions étaient prévues à travers le pays. Les cortèges ont défilé dans plusieurs villes, accompagnés de rassemblements sur des ronds-points. Les autorités s’attendaient cependant à une participation réduite de 30% par rapport à la précédente mobilisation.
En septembre, les manifestations dans toute la France avaient rassemblé entre 500 000 personnes selon la police et un million selon les syndicats. La baisse de mobilisation de ce jeudi n’empêche pas les organisations de maintenir leurs revendications. Le Premier ministre a tenté d’apaiser les tensions. Dans une lettre aux partenaires sociaux, il s’est engagé à inscrire une mesure en faveur de la retraite des femmes dans le budget 2026 de la Sécurité sociale. Un geste jugé insuffisant par les syndicats. Sébastien Lecornu a en effet fermé la porte à l’abandon de la réforme des retraites et estimé que la taxe Zucman sur les hauts patrimoines « n’était pas la solution ». Des positions qui ne satisfont pas l’intersyndicale.
Les réactions politiques
L’opposition de gauche appelle à durcir le ton. « Il faut parler, hausser le ton, faire preuve de fermeté pour leur faire comprendre qu’on n’accepte pas ces budgets d’austérité », déclare Benjamin Lucas, député écologiste. Du côté du Rassemblement national, on observe la situation avec un œil critique. « Emmanuel Macron récolte ce qu’il a semé », note Philippe Ballard, député RN, tout en exprimant sa méfiance envers des syndicats qui « appellent à faire barrage » à son parti lors des élections.
Les syndicats réclament également que les 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises soient conditionnés à des normes sociales et environnementales. Ils insistent sur le besoin de moyens pour les services publics et d’investissements dans la transition écologique et la réindustrialisation. Le gouvernement Lecornu, qui cherche toujours à former son équipe, doit maintenant composer avec cette pression sociale persistante tandis que le débat sur le budget s’annonce tendu à l’Assemblée nationale.


