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Bénin : la Cour constitutionnelle attendue sur le cas du parti Les Démocrates

Ce lundi 20 octobre 2025, la Cour constitutionnelle béninoise examine un dossier important pour la vie politique du pays. Il s’agit du rejet de la fiche de parrainage du député Michel Sodjinou, déposée par le parti Les Démocrates. L’ordonnance de la Cour pourrait déterminer la participation ou non de ce parti d’opposition à la présidentielle d’avril 2026.

L’affaire remonte au 2 septembre 2025, quand le député Michel Sodjinou a déposé sa fiche de parrainage pour son parti. Mais la Commission électorale nationale autonome (CENA) a rejeté cette fiche. La Cour d’appel de Cotonou a ensuite ordonné à la CENA d’annuler ce rejet et de délivrer une nouvelle fiche. Maintenant, les sages de la Cour constitutionnelle doivent se prononcer. Leur décision sera sans appel. Deux aspects retiennent particulièrement l’attention. D’abord, la question de la compétence : la Cour d’appel avait-elle le droit de se prononcer sur une affaire liée à une élection présidentielle ? L’article 142 du code électoral est clair : « La Cour constitutionnelle veille à la régularité du scrutin et en constante les résultats ». Selon plusieurs juristes, cela signifie que tout ce qui touche à l’élection présidentielle relève de la compétence exclusive de la Cour constitutionnelle.

Une jurisprudence existante
Le cas de Michel Sodjinou est très scruté. En 2021, lors de la présidentielle, Reckya Madougou avait contesté le rejet de sa candidature. Elle s’appuyait sur les déclarations du député Affo Obo Amed Tidjani, qui affirmait ne pas savoir à quel candidat son parrainage avait été attribué. À l’époque, la Cour constitutionnelle avait estimé que le député avait « librement retiré sa fiche de parrainage à la CENA, l’a signée et l’a remise lui-même aux responsables du parti ». La Cour avait ajouté qu’elle ne pouvait pas « s’immiscer dans le fonctionnement interne des partis politiques ». Cette décision fait aujourd’hui jurisprudence et pourrait jouer en faveur du parti Les Démocrates.

Pendant ce temps, la crise au sein des Démocrates continue de s’envenimer. Dans une déclaration publique dimanche 19 octobre, le député Michel Sodjinou a vivement critiqué la direction de son parti. Il accuse même l’ancien président Boni Yayi, leader du parti, d’être « responsable de cette disqualification électorale ». Le député affirme que sa fiche de parrainage a été remplie au nom du candidat désigné, Renaud Agbodjo, sans son accord. Il qualifie cet acte de « frauduleux » et de « falsification pure et simple ». Il précise qu’il pourrait porter plainte pour « faux usage de faux ».

Michel Sodjinou dénonce aussi le choix du candidat, présenté comme le neveu de Boni Yayi. Selon lui, ce choix ne respecte aucun critère objectif et résulte d’une « commission aux ordres, téléguidée par le président Boni Yayi lui-même ».
Face aux rumeurs de collusion avec le pouvoir, le député se défend : « Je n’ai jamais rencontré Patrice Talon si ce n’est lors des manifestations officielles ». Il assure que son combat est pour « la démocratie interne » contre les « méthodes de gouvernance rétrograde ». La décision de la Cour constitutionnelle, quelle qu’elle soit, aura des conséquences importantes. Si elle valide le parrainage, Les Démocrates pourront participer à la présidentielle. Dans le cas contraire, le principal parti d’opposition risquerait d’être absent du scrutin. Les juristes attendent donc avec attention le verdict des sages, qui pourrait faire date dans la jurisprudence électorale béninoise.

 

 

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