À trois jours du examen présidentiel, la coalition internationale « La Sentinelle » relance son appel à la médiation pour éviter une nouvelle crise en Côte d’Ivoire, redoutant un scénario violent.
À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, la coalition internationale des défenseurs des droits humains, dénommée « La Sentinelle », tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans une déclaration rendue publique, la présidente de la coalition, Me Roselyne Aka-Sérikpa, avocate au barreau de Côte d’Ivoire, alerte sur la montée des tensions politiques et sociales, à la veille d’un examen considéré comme l’un des plus décisifs de la décennie.
« Bons bureaux »
Cette structure de la société civile, qui s’était déjà exprimée le 7 mai 2025 lors d’une conférence à Abidjan-Cocody sur le thème « Tous, ne serions-nous pas coupables ? », estime que ses avertissements n’ont pas été entendus.
« Le temps s’est écoulé. À ce jour, et à précisément trois jours de l’échéance électorale, le bilan des dégâts matériels et des pertes en vies humaines est déjà trop lourd sur notre conscience », a déclaré Me Aka-Sérikpa dans un ton grave.
Lors de sa conférence de presse du mois de mai, La Sentinelle plaidait pour une médiation professionnelle entre les principaux acteurs politiques, dans le but de prévenir toute crise pré-électorale. La coalition avait proposé de mettre ses « bons offices » à la disposition des partis politiques et de la Commission électorale, dans un esprit d’apaisement. L’initiative, largement relayée par les médias nationaux et internationaux, semblait avoir suscité de l’espoir. Mais cinq mois plus tard, la situation politique s’est considérablement dégradée.
Les manifestations enregistrées ces dernières semaines dans plusieurs villes du pays, notamment à Bonoua, Agboville et Daloa, ont fait des morts et plusieurs blessés, selon des sources locales. Dans ce contexte, La Sentinelle estime que la Côte d’Ivoire est entrée dans une « phase d’ébullition » inquiétante. « Notre belle Côte d’Ivoire est malheureusement en ébullition. Le rideau ivoire se noircit, son image de marque nationale et internationale s’avère peu plaisante. L’heure est grave », a insisté la présidente de la coalition.
Un éventuel chaos
Pour Me Roselyne Aka-Sérikpa, l’urgence est désormais de prévenir un basculement dans la violence après l’examen du 24 octobre. « Notre choix décisif se maintiendra finalement en une heure, juste une seule heure, mais une heure assez suffisante pour se garder d’un éventuel chaos, afin que tous, nous ne soyons tenus pour coupables », a-t-elle ajouté, dans un message d’avertissement précisé à la classe politique.
Appelant à un « sursaut national », la présidente de La Sentinelle exhorte les citoyens à privilégier la paix et l’intérêt général. « Nos mains de bons offices restent tendues. Dans un appel plus que solennel, nous œuvrons à ne point faillir à cette mission capitale : forger unis dans la foi nouvelle, la patrie de la vraie fraternité », a-t-elle déclaré, reprenant les mots de l’hymne national.
À trois jours du vote, la coalition réaffirme sa volonté de rester un acteur de veille et de dialogue. « Et j’ai encore plaidé, et je continuerai de plaider », conclut Me Roselyne Aka-Sérikpa.



