
Plus que quelques heures et le retrait des cartes d’électeurs sera un vieux souvenir. Ce qui va rester : c’est l’honneur d’aller désigner le Président de la République dans l’urne. Ce qui nous sera recommandé en devoir, c’est d’aller accomplir son devoir citoyen : le Vote utile.
Le délai butoir
Il ne reste que quelques heures avant la clôture définitive du retrait des cartes d’électeur. La Commission Électorale Indépendante (CEI) a accordé un sursis jusqu’au mercredi 22 octobre à 17h00, prolongeant l’opération initialement prévue jusqu’au lundi 20 octobre. Sur l’ensemble du territoire national, dans les lieux de vote, une course contre la montre devrait s’engager pour que chaque électeur puisse disposer du précieux sésame qui lui permettra de voter samedi prochain. Les chiffres communiqués par la CEI donnent la mesure de l’enjeu. La liste électorale 2024-2025 compte 8 727 431 électeurs, soit une augmentation de 715 006 nouveaux inscrits par rapport au scrutin précédent. Cette progression de 8,92% se répartit entre 4 508 948 hommes (51,66%) et 4 218 483 femmes (48,34%). L’organisation logistique suit cette croissance, avec 11 906 lieux de vote et 25 678 bureaux de vote prévus.
Cinq candidats, cinq stratégies
La présidentielle ivoirienne réunit cinq prétendants à la succession. Chacun mène sa campagne selon ses moyens et sa stratégie, dans une atmosphère qui varie selon les régions. Le RHDP du président sortant Alassane Ouattara dispose de moyens importants, tandis que les autres formations – MGC, CODE, GP-Paix et ADM – adaptent leur dispositif à leurs ressources. Peu ou prou, il reviendra à chacun d’éduquer ses militants et partisans au retrait du précieux sésame : la carte d’électeur ; et à l’acte ultime : le vote utile. En tous les cas, les « électeurs vrais », demeurent stoïques et sereins. A partir du mercredi 22 octobre à 17 heures, la listes des ivoiriens autorisées à se rendre dans l’urne sera bouclée et ceux qui n’auront pas pu retirer leur carte d’électeur, seront peinés de se voir refuser le vote du samedi 25 octobre, jour fatidique pour la nation ivoirienne. Des militants sans carte d’électeur, c’est démoralisant de faire sortir autant de liasses de billets pour la campagne, de sortir bredouille des urnes, faute de militant à jour de son document de vote.
C’est presque la fin de la campagne pour la présidentielle du samedi 25 octobre 2025. Pour le RHDP, le MGC, le CODE, le GP-Paix et l’ADM, il ne faut pas se flatter avec des centaines de milliers de militants fantômes.
Forte intensité, modérée, chacun des 05 candidats y va selon son agenda et son pouvoir d’approche. La campagne électorale s’est officiellement ouverte le vendredi 10 octobre et se refermera le jeudi 23 octobre. On note une certaine morosité par endroits, avec des villes parfois désertées lors des manifestations politiques. Mais, la question du « vote utile » revient comme un leitmotiv dans les discours des différents candidats, qui appellent leurs supporters à ne pas se disperser. Après les meetings et discours, l’enjeu immédiat pour tous les camps reste le même : convaincre leurs militants de retirer leur carte d’électeur et de se rendre aux urnes samedi. Car un militant sans carte d’électeur représente un vote perdu, après des dépenses de campagne souvent importantes.
L’ultime test démocratique
En soirée, la liste des électeurs autorisés à voter sera définitivement arrêtée. Ceux qui n’auront pas pu retirer leur carte d’électeur devront se résoudre à rester en marge du scrutin du samedi 25 octobre, jour crucial pour l’avenir de la nation ivoirienne. Pour les organisations de la société civile et les observateurs électoraux en place, tous les regards sont tournés vers la transparence du processus. La CEI, sous la pression des enjeux, doit démontrer sa capacité à organiser un scrutin crédible et apaisé. Les électeurs, quant à eux, semblent partagés entre l’enthousiasme pour certains et la prudence pour d’autres. Les « électeurs vrais » ont effectivement retiré leur carte, et paraissent déterminés à accomplir leur devoir citoyen. La prolongation jusqu’à mercredi offre une dernière chance à ceux qui n’ont pas encore pu retirer leur carte. Pour les partis politiques, c’est le moment crucial où se joue, bureau de vote par bureau de vote, l’ultime bataille avant le jour J.
Le spectre des expériences régionales
Le contexte régional invite à la prudence. Au Cameroun, l’élection présidentielle du 12 octobre dernier s’est déroulée dans un climat de forte tension. Les résultats ne sont toujours pas officiellement proclamés au moment où nous mettons sous presse. Les premières échauffourées à Garoua et les appels à la vigilance de l’opposition laissent présager une période de contestations. En Côte d’Ivoire, la mémoire des violences post-électorales de 2010-2011 reste vive. L’exclusion de plusieurs figures de l’opposition, dont Pascal Affi N’Guessan, Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam…, a déjà donné lieu à des recours judiciaires et des mobilisations populaires. Les régions du nord et de l’ouest du pays, traditionnellement sensibles, font l’objet d’une attention particulière.
La France, partenaire historique, traverse elle-même une période de turbulences politiques qui limitent sa capacité d’influence dans la région. L’effondrement récent du gouvernement Bayrou et les tensions continues au sein de la majorité présidentielle paralysent partiellement la diplomatie française en Afrique francophone. La Guinée-Bissau et la Guinée s’emmène progressivement vers le même processus avec la tenue d’élections générales au cours du dernier trimestre de l’année 2025.


