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Côte d’Ivoire : poursuivi devant le PPEF, cet instituteur doit justifier près de 230 000 000 FCFA

En Côte d’Ivoire, un instituteur fait face à des accusations de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite au Pôle pénal économique et financier (PPEF). Placé sous contrôle judiciaire depuis le 20 janvier 2025, il a comparu ce vendredi 24 avril 2026 devant le tribunal.


Les ennuis judiciaires de T.A.E. ont commencé lorsqu’il a été constaté que 229 333 310 FCFA ont circulé sur son compte bancaire de 2022 à 2024. Ces montants étaient déposés en espèces et parfois par virements. Les faits ont attiré l’attention des enquêteurs qui ont trouvé suspect les montants qui transitent via le compte bancaire du prévenu qui se présente comme un instituteur.

 

Le salaire d’un instituteur en Côte d’Ivoire peut-il lui permettre d’avoir ces gros mouvements sur son compte bancaire ? C’est ce que cherche à comprendre le tribunal. À la barre, le mis en cause tente de se justifier. Il déclare qu’en dehors de sa profession d’instituteur, il investit dans d’autres activités génératrices de revenus.

Un instituteur businessman
Recruté depuis 2004 selon ses dires, il ne se contente pas de son salaire. Il a trouvé le moyen d’arrondir ses fonds du mois avec la vente de viande, la vente de koutoukou, des plantations d’hévéa et des maisons en location. Malheureusement, il n’a pu justifier avec des documents à l’appui toutes ces activités énumérées. Ces activités sont-elles menées dans l’informel ? C’est ce que soupçonne le PPEF, qui demande à l’instituteur de fournir des preuves.

Il poursuit sa déposition en précisant qu’il a hérité de la plantation de 7 ha d’hévéa de son père à Bongouanou et lui-même possède une plantation de 3,5 ha à Assuety. Dans le domaine de l’immobilier, l’instituteur dit être propriétaire de quatre villas de quatre pièces chacune, de deux villas de trois pièces et de deux studios. Selon ses déclarations, ces maisons lui rapportent 600 000 FCFA par mois et il tire entre 100 000 FCFA et 150 000 FCFA de la vente de koutoukou.

 

Par ailleurs, il évoque un prêt bancaire de 11 500 000 FCFA qui lui a permis d’achever l’une de ses villas, d’agrandir son business et Koutoukou. Une partie du prêt a été utilisée pour augmenter la capacité d’achat de l’hévéa auprès de ses voisins.

Près de 138 000 000 FCFA à justifier
La somme des chiffres avancés par le prévenu ne donne pas le total mis en cause. Le montant total calculé selon les chiffres avancés donne près de 92 000 000 FCFA sur les 229 333 310 FCFA constatés sur le compte bancaire du 5 mai 2022 au 26 juin 2024. La procureure veut comprendre la différence. En réponse à la question de la magistrate, le prévenu déclare que dans cette période, il a reçu deux millions de la part de son petit frère, deux millions de son aîné et deux millions de la part de sa mère. Il a également évoqué les virements des achats de l’hévéa. À ce niveau, l’avocat de l’instituteur a fait savoir que les mouvements constatés sont des dépôts et des retraits. Il conclut que les soldes sont quasi-nuls.

 

L’audience est renvoyée au 15 mai 2026 pour permettre au prévenu de présenter les preuves de ses déclarations. Par ailleurs, le tribunal va écouter un opérateur dont l’instituteur utiliserait le code pour les achats de produits.

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