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Tunisie: Ouverture du procès de l’avocat et défenseur des droits humains, Ahmed Souab


En Tunisie, le procès de l’avocat Ahmed Souab arrêté le 21 avril s’ouvre le 31 octobre 2025. Défenseur des droits humains et de la lutte anticorruption, cet ancien juge administratif est très connu dans le milieu de la gauche en Tunisie pour son franc-parler. Populaire auprès des jeunes juristes et fédérateur au sein des rangs dispersés de l’opposition, son emprisonnement avait créé un tollé. Il est accusé de plusieurs crimes sous le coup de la loi antiterroriste après une déclaration qui remettait en question l’indépendance de la justice, en marge du procès politique du complot contre la sûreté de l’État. Un méga procès au cours duquel une quarantaine de personnes ont écopé de peines allant de 4 à 66 ans de prison.
La justice reproche à Ahmed Souab la participation à la création d’une organisation terroriste, le soutien à des actes terroristes, sur la base de la loi antiterroriste en vigueur en Tunisie ainsi que la diffusion de fausses informations et l’utilisation des réseaux de télécommunication dans le but d’importuner autrui.

Une flopée d’accusations après une déclaration spontanée qu’il a faite en marge des audiences du complot contre la sûreté de l’État. Ahmed Souab, en tant qu’avocat du comité de défense, avait exprimé ses craintes d’une justice prise à la gorge, en mimant le geste.

Amnesty International appelle à sa libération
Après que sa déclaration a été reprise sur les réseaux sociaux, il est arrêté et emprisonné dans la foulée. Pour l’ouverture de cette première audience, ses proches le disent confiant, même si le procès risque de se dérouler en visioconférence, pour des raisons sécuritaires, selon la justice.

Ahmed Souab a d’ores et déjà refusé de comparaître à distance, il est soutenu par l’ordre des avocats qui a publié un communiqué rappelant que les accusés doivent être présents à leur procès et les audiences ouvertes à la presse. Ce 30 octobre, l’ONG Amnesty International a appelé à ce que les autorités libèrent immédiatement Ahmed Souab et abandonnent les poursuites judiciaires à son encontre.

L’avocat peut compter sur le soutien de l’opposition, mais aussi celui des jeunes étudiants en droit qui ont simulé un procès fictif dans la principale faculté des sciences juridiques lundi 27 octobre pour présenter les principes d’un procès équitable.

Un contexte politique tendu
Le procès d’Ahmed Souab se déroule dans un contexte politique tendu en Tunisie. De nouvelles audiences sont prévues au mois de novembre pour plusieurs opposants, qui sont en prison depuis maintenant plus d’un an. La sœur de l’opposant Jawher Ben Mbarek, l’avocate Dalila Msaddek, va être également jugée dans le cadre d’une affaire en justice le 25 novembre prochain. Elle est accusée de diffusion de fausses nouvelles.

Un resserrement envers l’opposition qui s’accompagne aussi d’un coup de vis sur la société civile. Deux associations emblématiques en Tunisie, l’Association tunisienne des femmes démocrates et le Forum des droits économiques et sociaux, ont vu leurs activités suspendues pour un mois en raison d’« infractions » à la loi sur les associations. Des médias locaux et associations ont aussi fait l’objet cette semaine d’ouverture d’enquêtes judiciaires pour leurs financements étrangers. Parmi ces médias figure le site d’investigation Inkyfada, et les ONG Iwatch et Al Bawsala.

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