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Côte d’Ivoire: Nady Gbagbo affirme « la lutte politique n’est pas terminée »

En visite à Abié, Nady Bamba Gbagbo a exhorté les partisans de son époux à rester mobilisés et confiants, affirmant que « la lutte politique n’est pas terminée » malgré la désillusion post-électorale.

Lors d’une visite à Abié, dans la région d’Adzopé, le jeudi 30 octobre, Nady Bamba Gbagbo a précisé un message de mobilisation et d’espérance aux partisans de son époux, l’ancien président Laurent Gbagbo.

Devant un public venu de nombreux foyers des jeunes, elle a assuré que « la lutte politique n’est pas terminée », malgré le climat de désillusion qui a suivi le scrutin présidentiel du 25 octobre remporté par le président Alassane Ouattara, mais qualifié par un parti de l’opposition de « simulacre d’élection ».

“On sait que vous êtes découragés. Mais je suis venu vous apporter l’espoir. Ils vous ont dit stop, mais le président Laurent Gbagbo dit : avancez. Ce n’est pas fini, contrairement à ce que vous pensez”, a-t-elle lancé, sous les applaudissements.

Un discours pour maintenir le cap
À travers ce déplacement, l’épouse de l’ex-chef d’État ivoirien a voulu, selon ses mots, « rallumer la flamme militante » et clarifier les propositions tenues récemment par Laurent Gbagbo.

Le 23 octobre, à la veille du vote, il était sorti de son silence dans une interview accordée au journaliste Alain Foka. Interrogé sur son avenir politique, l’ancien chef de l’État, écarté de la présidentielle après l’invalidation de sa candidature par le Conseil constitutionnel, avait surpris en annonçant son retrait prochain de la direction du PPA-CI.

“Nous avons déjà fixé la date de notre congrès qui sera après les législatives, et après, je démissionnerai. Au congrès, je ne serai plus candidat à la direction du parti”, avait-il déclaré. “Je vais prendre du temps pour moi-même, pour ma famille, écrire… À 81 ans, c’est beaucoup !”, avait ajouté l’ex-président, né le 31 mai 1945.

Ses propositions, tenues dans un contexte politique tendu, marqué par des violences post-rejet de candidatures, avaient été diversement interprétées — certains et voyant une forme de démission.

“Quand le président Gbagbo parle, il faut écouter ce qu’il dit. En 2021, il avait déjà indiqué se retirer progressivement, mais dans l’ordre, pour ne pas revivre les divisions du FPI. Ce qu’il fait aujourd’hui, c’est assurer la continuité, pas l’abandon”, a-elle expliqué.

Nady Gbagbo a insisté sur le fait que son époux ne quittait pas le combat politique, mais qu’il entendait désormais l’assumer « comme un militant de base ».

“Le président Gbagbo n’est pas un capitaine qui fuit le navire en cas de naufrage. C’est un capitaine qui reste à bord jusqu’à atteindre le port”, a-t-elle souligné.

Hommage aux détenus politiques
Profitant de l’occasion, l’épouse de Laurent Gbagbo a également évoqué les prisonniers politiques, appelant à la solidarité et à la prière pour leur libération. Plus de 1000 personnes ont été arrêtées lors des événements récents, selon les chiffres du PPA-CI.

“Je sais ce que c’est que la prison. Chaque fois qu’un de nos camarades est arrêté, cette douleur se réveille. Mais ces murs, que j’ai vus à la CPI, peuvent devenir des lieux d’apprentissage et de résistance”, a-t-elle confié.

Elle a encouragé les militants à maintenir le lien avec les détenus, citant nommément Blaise Lasm et Dahi Nestor, figures du mouvement pro-Gbagbo actuellement incarcérées.

“Leur seul réconforte, c’est de savoir que leurs frères et sœurs pensent dehors à eux. Aidez leurs familles, montrez-leur qu’ils ne sont pas seuls”, a-elle insisté.

Appel à l’unité et au respect de l’adversaire
Dans la dernière partie de son allocution, Nady Gbagbo a transmis un message de Laurent Gbagbo lui-même, prônant la retenue et le respect dans le débat politique.

Le 23 octobre, le chef de l’État, tenant un dernier meeting à Abidjan, place de la République, a utilisé le terme « chiens » pour parler des opposants. Des propositions qui ont soulevé une vive polémique.

“Si tu veux faire de la politique, il faut d’abord aimer l’homme. Si tu n’aimes pas l’homme, quitte la politique”, à-elle cité. “Le président Gbagbo vous exige de ne pas insulter nos adversaires, ni de vous considérer comme des ‘chiens’. Nous sommes des humains, des Ivoiriens, et nous devons être fiers de l’être.”

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