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Monnaie : Le penny américain disparaît après 232 ans, Washington biffe une pièce inutile


Mercredi, à la Monnaie américaine de Philadelphie, les machines ont résonné une dernière fois. Après 232 ans de service, la petite pièce d’un centime, le célèbre penny, quitte officiellement la scène monétaire.

Lors d’une cérémonie symbolique, le Trésorier américain Brandon Beach a frappé les derniers exemplaires destinés à la circulation. « Aujourd’hui, nous célébrons 232 ans d’histoire monétaire », a déclaré Kristie McNally, directrice intérimaire de la Monnaie, saluant un objet devenu emblématique de la vie quotidienne américaine.

Le poids des coûts de production
Cette décision, aussi historique qu’économique, répond à une réalité budgétaire. Depuis plusieurs années, produit un penny coûte plus cher que sa valeur. Selon la Monnaie américaine, chaque pièce revient désormais à 3,69 centimes, contre 1,42 centime il y a dix ans. Le président Donald Trump avait déjà qualifié cette frappe de « gaspillage », demandant l’arrêt d’une production jugée obsolète . Le Trésor américain estime que cette mesure permettra d’économiser près de 56 millions de dollars par an, un gain bienvenu dans un contexte budgétaire tendu. Né en 1793, un an après la loi sur la frappe des monnaies, le penny a traversé plus de deux siècles d’histoire américaine. Il a changé de visage à plusieurs reprises : d’abord orné de la Lady Liberty , puis, dès 1909, du portrait d’Abraham Lincoln. Cette petite pièce a accompagné les guerres, les crises économiques et les mutations du pays. Elle a inspiré des expressions populaires et des traditions, comme jeter un sou dans une fontaine pour faire un vœu. Elle représentait un lien symbolique entre les générations et les origines de la nation américaine.

L’évolution des habitudes de paiement
Le recul des paiements en espèces a fini par condamner le penny. Aujourd’hui, les transactions électroniques dominent largement, rendant inutile la production de milliards de pièces dormantes. Selon les estimations, près de 300 milliards de centimes circulent encore, bien au-delà des besoins réels du commerce. Les grandes enseignes ont déjà adopté des prix arrondis, à l’image du Canada ou de l’Australie, qui ont elles aussi abandonné leur pièce d’un centime. Si la production de masse s’arrête, la Monnaie américaine continue à frapper des éditions limitées destinées aux collectionneurs et aux musées. Ces exemplaires serviront à préserver un héritage culturel et historique. Pour beaucoup, le penny reste un symbole de modestie, de travail et de persévérance. Il quitte la circulation, mais conserve sa place dans la mémoire collective américaine. Plus qu’un simple changement économique, la fin du penny marque la disparition d’un témoin silencieux de l’histoire des États-Unis.

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