La Cour d’Appel de Korhogo a révélé 150 cas de violations au nord de la Côte d’Ivoire, dont 48 à Korhogo ville, 92 à Boundiali et 15 à Odienné, pour l’année 2025. Ces chiffres alarmants qui concernent la violation au nord, ont été annoncés le mardi 18 novembre 2025, lors de la cérémonie de la rentrée judiciaire 2025-2026 à Korhogo.
Lors de sa rentrée officielle 2025-2026, la Cour d’Appel de Korhogo a partagé des chiffres alarmants liés au viol . Selon la Cour, sur 609 dossiers traités en 2025, 150 cas concernent les violations, avec un taux élevé dans les villes de Korhogo, Boundiali et Odienné.
La peur, la honte et les pressions sociales derrière ces nombreuses violations
Derrière ces chiffres effrayants se cache une réalité profondément ancrée dans les communautés. De nombreux habitants révèlent que la peur, la honte et les pressions sociales empêchent encore les victimes de dénoncer leurs agresseurs. Dans certaines familles, surtout en zone rurale, la priorité reste de protéger « l’honneur » au détriment de la justice. Des témoignages indiquent que certaines victimes sont contraintes au silence pour éviter le scandale. « Même au 21 ᵉ si è cle, des jeunes filles sont forcées de se marier à des hommes que leurs parents ont choisis », confie une habitante de Korhogo. D’autres évoquent la peur des représailles dans des environnements où les traditions demeurent très ancrées.
199 ont été inscrits à la chambre, 25 ont fait l’objet de pourvois en cassation et 60 avis ont été traités.
Selon les chiffres présentés par la Cour d’Appel, Boundiali a enregistré le nombre le plus élevé avec 92 cas en 2025, suivi de Korhogo avec 48 cas. Ces deux villes, très étendues et en pleine croissance démographique, figurent désormais parmi les zones les plus touchées par les violences sexuelles. Les autorités judiciaires soulignent que l’augmentation des cas peut également s’expliquer par une meilleure prise en compte des plaintes et par une sensibilisation accrue. Toutefois, elles restent préoccupées par la gravité de ces affaires ainsi que par la jeunesse de nombreuses victimes.
Une justice mobilisée malgré l’ampleur des dossiers
Au total, 609 dossiers ont été examinés par la Cour d’Appel de Korhogo en 2025. Parmi eux, 199 ont été inscrits à la chambre, 25 ont fait l’objet de pourvois en cassation et 60 avis ont été traités . Un travail colossal réalisé par une juridiction encore récente, mais déjà fortement sollicitée. La rentrée judiciaire a également été marquée par l’installation de nouveaux magistrats nommés par décret présidentiel. À la tête de la Cour, Sery Gustave, accompagné de plusieurs avocats généraux et conseillers, a été correctement installé, renforçant ainsi les capacités de la juridiction.
Face à cette montée inquiétante des violations, les responsables judiciaires ont appelé à une mobilisation communautaire et institutionnelle. Ils encouragent les familles à rompre avec le silence et à dénoncer systématiquement ces crimes, dans un contexte où les violences basées sur le genre restent encore difficiles à combattre. Les autorités ont également rappelé que la viol, le harcèlement sexuel, les attouchements, les mariages précoces et les mutilations génitales féminines (MGF) sont des crimes lourdement punis par la loi ivoirienne. La Cour d’Appel de Korhogo promet de poursuivre son engagement pour renforcer l’accès à la justice et améliorer la célérité du traitement des dossiers dans la région des Savanes.



