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Après le plan Gaza en 21 points : Donald Trump agit son plan de sauvetage de l’Ukraine

La guerre en Ukraine devrait passer à un nouveau cap diplomatique avec la proposition, le 19 novembre, d’un plan de paix en 28 points émanant des États-Unis. Selon un haut responsable ukrainien, ce document reprend plusieurs demandes formulées jusqu’ici par Moscou, notamment la cession de territoires sous contrôle russe et la réduction drastique de l’armée ukrainienne. À Kiev, les critiques fusent.

L’ administration Trump , depuis son investiture début 2025, a affiché un rapprochement progressif avec le Kremlin. L’envoi de ce plan intervient après plusieurs mois de discussions, négociées selon la presse américaine par Steve Witkoff, proche de Donald Trump, et plusieurs personnalités liées à Moscou. Le document prévoit notamment l’abandon du Donbass, la reconnaissance de l’annexion de la Crimée et la réduction de l’armée ukrainienne à 400 000 hommes.

Les concessions importantes pour l’Ukraine
Le plan proposé par Washington prévoit également l’extinction progressive de l’ aide américaine , y compris la fin des livraisons d’armes à longue portée. L’Ukraine se verrait interdire le déploiement de troupes étrangères sur son territoire, ce qui écarterait la coalition franco-britannique qui soutient Kiev depuis le début du conflit. Sur le plan culturel et religieux, le texte stipule que la langue russe devienne officielle et que l’Église orthodoxe russe a obtenu un statut légal, ce qui n’était jamais arrivé depuis la Constitution ukrainienne de 1996. Le haut responsable ukrainien a précisé que « nous ne savons pas s’il s’agit vraiment d’un plan Trump ou d’une initiative de son entourage ». La position de la Russie reste inaccessible et sans réaction officielle du Kremlin.

La Maison Blanche n’a pas commenté publiquement le plan. La Russie occupe actuellement près de 20 % du territoire ukrainien. Outre la Crimée annexée en 2014, Moscou a proclamé en 2022 l’annexion des régions de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson. Cependant, le contrôle sur ces territoires reste partiel. Depuis le début des négociations, la Russie a régulièrement exigé que Kiev reconnaisse la perte de sa souveraineté sur ces zones et retire ses forces militaires. Le président américain Donald Trump, après son retour au pouvoir en 2025, a tenté un rapprochement avec Vladimir Poutine. Mais à ce stade, aucune avancée notable n’a été constatée.

Les analyses d’experts sur le plan Trump
Pour Peer de Jong, ancien colonel et vice-président de l’Institut de formation Themiis, le plan a peu de chances d’aboutir dans sa forme actuelle. « Les propositions présentées jusqu’ici cristallisent l’acceptation minimale du Kremlin, avec la perte du Donbass et de la Crimée, et une neutralisation de l’Ukraine », explique-t-il. Selon lui, Kiev ne pourrait accepter de telles conditions sans subir un recul stratégique. De Jong note également que la proposition américaine tente de figer les lignes actuelles tout en retirant à l’Ukraine sa capacité de dissuasion. « La balle est dans le camp de Zelensky, et il est improbable que l’Ukraine accepte ce plan. Néanmoins, les discussions restent ouvertes, notamment sur l’aide militaire et les livraisons européennes », conclut-il.

C’est le pire moment pour un plan de paix, en raison de scandales internes et de la fragilité de certaines institutions… Même si un accord pouvait être conclu rapidement, cela ne correspondrait pas à l’attente des Ukrainiens ni à leur vision de souveraineté.
Pour Tetyana Ogarkova, cheffe du département international de l’Ukraine Crisis Media Centre, le moment est particulièrement mal choisi pour présenter une telle initiative. « C’est le pire moment pour un plan de paix, en raison de scandales internes et de la fragilité de certaines institutions », explique-t-elle. Selon elle, céder aux demandes russes sous couvert d’une proposition américaine serait perçue comme une défaite par l’opinion publique ukrainienne. Ogarkova rappelle également le contexte historique : la société ukrainienne s’est battue pendant presque quatre ans contre l’agression russe, et accepter un texte imposant des concessions majeures serait politiquement inacceptable . « Même si un accord pouvait être conclu rapidement, cela ne correspondrait pas à l’attente des Ukrainiens ni à leur vision de souveraineté », ajoute-t-elle. Le plan de paix prévoit la réduction drastique des forces armées ukrainiennes et la fin de la coopération militaire internationale directe. En pratique, cela signifie un recul significatif du soutien occidental et une dépendance accumulée à la volonté de Moscou. Le document évoque également des aspects culturels et religieux qui pourraient transformer durablement l’équilibre interne du pays, comme la reconnaissance officielle de la langue russe et le statut légal de l’Église orthodoxe russe.

Pour les analystes, ces mesures visent à aligner l’Ukraine sur les normes dictées par la Russie, tout en maintenant un rôle de médiation apparente pour Washington. L’objectif stratégique semble être de neutraliser l’Ukraine tout en limitant les tensions directes avec la Russie sur le plan militaire. Malgré la médiatisation du projet, plusieurs zones d’ombre subsistent. Les conditions exactes de la Russie ne sont pas claires, et le rôle précis de Donald Trump dans l’élaboration du texte reste ambigu. La Maison Blanche et le Kremlin ont refusé de commenter en détail, laissant planer l’incertitude sur la faisabilité du plan. Pour l’Ukraine, l’enjeu est double : défendre sa souveraineté et évaluer les risques politiques et militaires d’une éventuelle acceptation. « Ce plan ne répond pas aux exigences de sécurité ni aux attentes de la population », résume Ogarkova. La prudence reste donc de mise à Kiev, où le débat sur les concessions possibles est déjà vif.

Alors que la guerre approche de sa quatrième année, la diplomatie internationale cherche encore une sortie. Le plan en 28 points de Washington constitue une tentative de relance, mais il apparaît comme déséquilibré au regard des attentes ukrainiennes. Pour les experts, la probabilité que Kiev accepte de telles concessions est faible, et le texte pourrait plutôt servir de base à de nouvelles négociations encadrées par des acteurs européens et américains. En parallèle, la situation militaire reste complexe, avec des zones de contrôle fluctuantes et un appui occidental continu. L’issue de cette proposition pourrait influencer le paysage géopolitique de la région pour les années à venir, en fonction de la capacité des parties à trouver un compromis.

 

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