Au Burkina Faso, tous les orphelins de guerre (élèves de la Nation) ne vont plus désormais dépenser un centime pour prendre un bus ou bénéficier des services de transport de la Société de Transport en Commun (SOTRACO).
Dans un communiqué qui date de ce jeudi 20 novembre 2025, le Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation du Burkina Faso a officiellement annoncé que tous les services de transport de la SOTRACO sont solennellement gratuits pour les élèves de la Nation, c’est-à-dire les enfants dont un ou plusieurs parents ont été victimes de guerre, d’actes de terrorisme ou d’autres. Cette gratuité des frais de transport à l’endroit des pupilles de la Nation est basée sur la loi N°003-2022/ALT du 22 juin 2022 portant statut de Pupille de la Nation.
Voler au secours des enfants mineurs
Cette décision prise par l’Etat burkinabè entend prendre en charge les enfants mineurs des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et des agents publics décédés au combat de la lutte contre le terrorisme. Selon le ministère, ces enfants doivent désormais se déplacer librement et sans contrainte financière, notamment pour aller à l’école, à l’hôpital ou pour toute activité jugée essentielle à leur développement. La gratuité concerne l’ensemble du réseau urbain desservi par la SOTRACO. Pour en bénéficier, les enfants concernés doivent tout simplement présenter leur Carte de Pupille de la Nation. Un geste simple, mais symbolique, qui marque la volonté du gouvernement de réduire les inégalités et d’accompagner les plus vulnérables.
Le ministère veut rassurer les familles concernées et rappeler que cette mesure n’est ni ponctuelle ni expérimentale, mais bel et bien un droit inscrit dans la législation nationale.
Cette initiative repose sur la loi N°003-2022/ALT, adoptée en 2022, qui définit clairement le statut et les droits des élèves de la Nation. Cette loi prévoit, entre autres, la prise en charge sanitaire, le soutien scolaire et l’accès gratuit à plusieurs services sociaux, dont le transport public. En rappelant ce fondement juridique, le ministère veut rassurer les familles concernées et rappeler que cette mesure n’est ni ponctuelle ni expérimentale, mais bel et bien un droit inscrit dans la législation nationale. L’objectif est d’alléger les charges des tuteurs et de garantir à ces enfants une assistance continue.
Consignes strictes aux agents de transport
Le ministère a également prévu une note ferme à l’endroit des agents de la SOTRACO. Il leur demande de faciliter systématiquement l’accès gratuit aux élèves, sans discrimination. Les machinistes, contrôleurs et responsables de lignes sont appelés à être disponibles, accueillants et coopératifs envers ces jeunes bénéficiaires. Cette vigilance opérationnelle doit garantir que chaque élève accède au service sans obstacle, ni incompréhension. Le ministre a insisté sur « le strict respect de la mesure », appelant à une application rigoureuse dans toutes les villes desservies par la société de transport.
Avec cette décision, le Burkina Faso réaffirme son engagement à bâtir une société plus solidaire, où la protection des enfants affectés par les crises sécuritaires devient une priorité nationale. Dans un contexte marqué par les attaques terroristes et les pertes humaines au sein des Forces de Défense et de Sécurité, cette mesure apporte un soutien moral et matériel aux familles endeuillées. Pour de nombreux observateurs, cette gratuité du transport est un pas de plus vers une politique publique centrée sur le bien-être et l’inclusion sociale. Elle rappelle que, dans l’épreuve, la nation sait se montrer unie et attentive à ceux qui présagent encore les cicatrices des événements tragiques.



