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Transition militaire : La Guinée s’inspire du modèle gabonais, l’ONU aux trousses du CNRD

Une délégation guinéenne s’est rendue à Libreville le 20 novembre 2025 afin de s’inspirer du modèle gabonais en matière de transition politique et d’organisation électorale. La visite, conduite par l’ambassadeur de l’Union africaine, Calixte Aristide Mbari, a permis aux membres de la Cour constitutionnelle et de la Haute autorité de la communication de Guinée de rencontrer le Médiateur de la République gabonaise, Alexis Boutamba Mbina.

La mission va permettre de comprendre les mécanismes institutionnels qui ont permis au Gabon de conduire une transition pacifique et de préparer des élections crédibles, alors que la Guinée se prépare à sa prochaine présidentielle. La transition gabonaise a débuté en fin août 2023 et s’est refermé en avril 2025. Celle guinéenne qui court toujours, a morcé le 05 septembre 2021 et devrait se refermer par la présidentielle du 28 décembre prochain.

Apprendre des expériences réussies
Au cours des échanges, la délégation guinéenne s’est intéressée au rôle des différents acteurs dans la politique de stabilisation. « Nous voulons une sortie apaisée comme la vôtre, sinon plus », a déclaré Chérif Oumoul, commissaire à la Haute autorité de la communication. Pour lui, il importe de superviser les campagnes électorales et d’assurer un cadre équitable pour tous les candidats. Pour Mariama Doumbouya, magistrate à la Cour suprême de Guinée Conakry, cette visite a permis de mieux comprendre la fonction stratégique de la médiation institutionnelle. « Nous savons désormais l’importance de ce rôle au sein d’une République et nous en tiendrons compte », a-t-elle déclaré, en mentionnant l’intérêt d’un dialogue institutionnel structuré. De son côté, Alexis Boutamba Mbina a salué l’initiative guinéenne et réaffirmé la volonté du Gabon de partager son expérience.

Nous savons désormais l’importance de ce rôle au sein d’une République et nous en tiendrons compte
La délégation a également été reçue à la Cour constitutionnelle et au Sénat, élargissant ainsi son observation du fonctionnement institutionnel. Cette mission intervient alors que la Guinée prépare sa présidentielle dans un climat marqué par des tensions et des interrogations sur la transparence du processus électoral. Le pays, confronté à des transitions politiques récurrentes, souhaite s’appuyer sur des expériences régionales pour renforcer la crédibilité de ses institutions et assurer les citoyens sur la régularité du contrôle. L’approche gabonaise, fondée sur la médiation et l’encadrement institutionnel, apparaît comme un exemple pertinent pour Conakry. Les responsables guinéens cherchent ainsi à adapter ces mécanismes à leur contexte, en tenant compte des spécificités locales et des attentes des électeurs.

Enlèvement de proches d’une critique de la jeunesse
Parallèlement à cette initiative diplomatique, la situation des droits humains en Guinée reste préoccupante. Le 16 novembre, le chanteur et critique de la junte au pouvoir, Elie Kamano, a annoncé l’enlèvement de deux de ses enfants, d’un de ses neveux et de son frère à Conakry. Selon ses déclarations, des hommes encagoulés interviendraient au domicile familial dans la nuit. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a réagi en demandant aux autorités guinéennes une enquête « rapide, approfondie et impartiale » et en appelant au retour immédiat des disparus auprès de leurs proches. Seul l’enfant le plus jeune, âgé de sept ans, a été libéré depuis. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de disparitions forcées en Guinée.

Dans un communiqué du 25 septembre, le Haut-Commissariat rappelait déjà que plusieurs personnes restaient portées disparues après leur arrestation par les forces de sécurité. Parmi elles figuraient des militants politiques, des responsables administratifs et un journaliste, dont le genre reste inconnu.
La Guinée, depuis plusieurs années, oscille entre transitions politiques et périodes de tension. L’adoption de mécanismes de médiation inspirés d’expériences régionales, comme celle du Gabon, apparaît donc comme un moyen de renforcer la crédibilité de l’État et de prévenir de nouvelles crises. Pour les autorités guinéennes, cette démarche s’inscrit également dans la volonté d’instaurer un dialogue institutionnel renforcé et de préparer la population à une présidentielle transparente. La mise en place d’un cadre électoral régulé, combinée à l’observation des pratiques étrangères, permet d’espérer une transition plus sereine et mieux acceptée par tous les acteurs politiques.

Un modèle gabonais à adaptateur
Le Gabon a montré que la médiation institutionnelle pouvait jouer un rôle décisif dans le maintien de la stabilité et dans l’organisation d’élections reconnues. La Guinée, confrontée à un contexte interne complexe, tire les enseignements de cette expérience pour éviter des tensions et sécuriser l’espoir présidentiel à venir. L’accent est mis sur la coordination entre autorités judiciaires, institutions de régulation et organes législatifs afin de garantir une transition pacifique. La visite de la délégation guinéenne à Libreville illustre la recherche d’un équilibre entre apprentissage régional et adaptation aux réalités locales. Le contexte guinéen, marqué par les disparitions et les inquiétudes sur les droits humains, attire l’attention de la communauté internationale. Les initiatives de coopération et de partage d’expérience, comme cette visite au Gabon, visent à rassurer les partenaires et à montrer que la Guinée entend renforcer ses mécanismes de gouvernance et de transparence.

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