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Grand-Bassam: Aveugle et maître-tisseur de filets, le vieux Kouabou pousse un cri de cœur à Azureti


À Azureti, petit village côtier de Grand-Bassam, une silhouette fragile se distingue encore derrière un métier bien singulier. Celle du vieux Kouabou Kodjo Jean, 61 ans, aveugle, affaibli par la maladie mais toujours habité d’un courage qui force le respect.

Maître-tisseur de filets depuis plusieurs décennies, il lance aujourd’hui un appel désespéré aux âmes sensibles : une aide financière pour relancer son activité et subvenir aux besoins de sa famille.

Ce samedi 21 novembre 2025, dans le calme d’une cour sableuse, Kouabou nous a ouvert son univers. Assis sur un petit tabouret, ses doigts glissent sur les fils avec une précision qui étonne, comme s’ils voyaient ce que ses yeux ne peuvent plus percevoir. Chaque nœud est posé avec lenteur, méthode et une maîtrise héritée de longues années de pratique. Un savoir-faire rare, presque sacré, qui rend ses filets uniques, recherchés et réputés pour leur résistance et la chance qu’ils apportent aux pêcheurs.

Pourtant, derrière cette dextérité, se cache une réalité douloureuse : Kouabou survit désormais avec quelques billets de 5 000 ou 10 000 francs, gagnés lorsque des clients fournissent eux-mêmes leur matériel. > « Aujourd’hui je suis malade, j’ai la toux… Et je ne travaille que quand les gens viennent. Un filet peut me prendre six ou sept jours si je suis en forme. À mon âge, rester assis aussi longtemps me fait terriblement mal au dos…

Mais je n’ai pas le choix, je dois nourrir ma famille », confie-t-il, la voix tremblante. Malgré la douleur et la cécité, Kouabou refuse la démission. Sa volonté ? Acheter lui-même le matériel pour fabriquer ses propres filets et les revendre. Devenir, encore une fois, un homme capable de vivre de son art. > « Les gens viennent avec leur matériel, et souvent je ne reçois même pas l’argent. Je ne peux pas rester sans rien faire… Il me faut au moins 300 000 francs pour acheter mon propre matériel et travailler normalement. J’en appelle vraiment à l’aide…

J’ai des enfants à scolariser. L’un est en 5e, l’autre, ma fille, a été renvoyée de l’école d’aide-soignante faute de 500 000 francs… J’ai vraiment besoin d’aide », dit-il presque en larme. Né en 1964, Kouabou rêvait d’une carrière de footballeur. Mais en 1984, la vie bascule. Après un match à Port-Bouët, une violente douleur à l’œil l’emporte dans un tourbillon médical dont il ne ressortira jamais. > « Après le match, tout allait bien et c’est un peu plus tard dans la nuit, j’ai commencé à ressentir les douleurs, je n’arrive plus à ouvrir ni fermer mon œil.

À l’hôpital, on a examiné une cataracte… L’opération n’a rien donné. Depuis, je n’ai plus jamais revu », raconte-t-il, la gorge nouée. Veuf, livrant seul combat pour élever ses sept enfants, Kouabou est un modèle d’abnégation dans son quartier. Ses voisins, comme Kouakou Constant ou Kobenan François, témoignent tous de sa bravoure et de l’excellence de son travail. > « Ses filets, ce sont les meilleurs. On vient toujours chez lui. Aujourd’hui il est affaibli… Il faut vraiment l’aider », plaident-ils.

Le vieux Kouabou ne demande pas la charité, mais la chance de continuer dignement à exercer son métier. 300 000 francs, c’est le montant minimum nécessaire pour acheter corde, plombs, flotteurs, aiguilles et redonner un second souffle à l’homme et à son foyer. Nous joignons notre voix à la sienne pour appeler toutes les bonnes volontés à lui tendre la main. Parce qu’au-delà du vieil artisan, c’est un patrimoine vivant, un père courage, un symbole de résilience qui se bat pour ne pas plus sombre.

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