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Après Nasrallah : Un autre pilier du Hezbollah tombe après des frappes de l’Etat Hébreu

Un nouveau commandant du Hezbollah vient d’être tué dans une frappe israélienne à Beyrouth. Dans la soirée du dimanche 23 novembre, la banlieue sud de la capitale libanaise a de nouveau été la cible d’une attaque israélienne visant l’un des cadres les plus influents du Hezbollah. La frappe, menée dans le quartier densément peuplé de Haret Hreik, a coûté la vie à , considéré par Israël comme « chef d’état-major » du mouvement chiite.

Le Hezbollah a confirmé son décès quelques heures après l’attaque, évoquant la perte d’un « grand dirigeant ». Ce nouvel épisode s’ajoute aux tensions croissantes entre Israël et la formation pro-iranienne, dans un contexte où les incidents armés se multiplient ces dernières semaines au Liban-Sud et dans la plaine de la Békaa.

Une frappe ciblée au cœur du bastion chiite
Selon les informations communiquées par l’armée israélienne, l’opération a consisté en trois missiles guidés tirés depuis des appareils fonctionnant à hauteur. L’immeuble visé abritait un appartement où se trouvait Tabatabaï, figure militaire connue sous le nom d’Abou Ali. Le ministère libanais de la Santé a annoncé un bilan de cinq morts et vingt-huit blessés. L’attaque survient alors qu’aucun tir n’avait visé cette partie de Beyrouth depuis le mois de juin. Elle rappelle les opérations menées par Israël entre janvier et septembre 2024, période durant laquelle plusieurs hauts responsables militaires du Hezbollah avaient été ciblés. Dans un premier temps, le mouvement chiite s’est montré prudent, déterminé vouloir vérifier l’identité exacte de la personne visée. Mahmoud Comati, vice-président du Conseil politique, a toutefois affirmé que l’État hébreu avait « franchi une ligne rouge ». Selon lui, toute éventuelle réponse serait examinée en coordination avec les autorités libanaises.

Proche de Wafic Safa et de Hachem Safieddine, il défendait une ligne rigoureuse, attachée au lien stratégique avec l’Iran. Selon plusieurs observateurs, cette position le mettait parfois en concurrence directe avec d’autres responsables, notamment Mohammad Haïdar, ancien député devenu cadre militaire.
Face à cette attaque, le président de la République Joseph Aoun a appelé la communauté internationale à « intervenir sérieusement » pour mettre fin aux opérations israéliennes au Liban. Cette déclaration intervient dans une atmosphère tendue, marquée par une accélération des incidents armés le long de la frontière sud. Depuis plusieurs jours, les frappes israéliennes se multiplient dans les localités proches de la ligne de démarcation. Les positions du Hezbollah et des groupes alliés dans la Békaa ont également été visées à plusieurs reprises. La frappe contre Tabatabaï, haut responsable militaire, montre que la confrontation suit désormais une trajectoire différente. Elle ne répond pas à un tir contre Israël mais semble bien être un message destiné aux cadres les plus radicaux du Hezbollah.

Haytham Ali Tabatabaï, un commandant discret devenu central
Né en 1968, Tabatabaï appartient à une génération de cadres militaires formés durant les années de consolidation du mouvement chiite. De mère libanaise et de père iranien, il avait la réputation d’être à la fois discipliné, réservée et totalement dévouée à la structure militaire du Hezbollah. Proche d’Imad Moughniyé, figure majeure du mouvement tué en 2008 à Damas, il avait participé à la fondation des forces al-Radwane, unité d’élite dont il avait dirigé plusieurs opérations. Depuis 2016, il était sous sanctions américaines et une récompense de cinq millions de dollars avait été promise pour toute information sur son parcours. Washington le présentait comme un acteur clé des opérations extérieures, notamment en Syrie et au Yémen.

Une montée en grade accélérée après les pertes de 2024
La guerre de l’automne 2024 avait déstabilisé l’architecture militaire du Hezbollah. Plusieurs cadres historiques avaient alors été tués, parmi lesquels Fouad Chokor, Ibrahim Akil et Ali Karaki. Tabatabaï avait subi à deux tentatives d’élimination durant cette période, renforçant sa légitimité au sein de l’appareil sécuritaire. Selon des sources israéliennes, il collaborait étroitement avec les Gardiens de la révolution iranienne et avait la responsabilité de coordonner certaines actions avec les Houthis au Yémen et les milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie. Cette progression rapide l’avait porté au rang de figure centrale du Hezbollah militaire. Pourtant, son nom demeurait largement méconnu au Liban, car il évoluait surtout dans les cercles restreints dédiés à la stratégie et aux opérations.

Une ligne dure face à l’aile politique
Avec la disparition d’Hassan Nasrallah en septembre 2024, le Hezbollah traverse une phase de recomposition. Deux orientations s’opposent : – une branche politique cherchant à privilégier une adaptation au contexte libanais ; – une branche sécuritaire convaincue que la survie du mouvement dépend de ses capacités armées. Tabatabaï était partie des partisans de cette dernière approche. Proche de Wafic Safa et de Hachem Safieddine, il défendait une ligne rigoureuse, attachée au lien stratégique avec l’Iran. Selon plusieurs observateurs, cette position le mettait parfois en concurrence directe avec d’autres responsables, notamment Mohammad Haïdar, ancien député devenu cadre militaire. La frappe apparaît, dans ce contexte, comme un signal spécifié à cette aile dite « dure ». Elle rappelle également les éliminations successives d’octobre et novembre 2024, lorsque certains responsables avaient été ciblés pour affaiblir les profils les plus intransigeants du mouvement. Si l’élimination de Tabatabaï touche directement la chaîne de commandement militaire, elle envoie également un rappel aux institutions libanaises. Washington, informé de l’opération, avait récemment exprimé son mécontentement face à l’absence de progrès dans la question du désarmement des milices.

La semaine précédente, les États-Unis avaient d’ailleurs annulé la visite à Washington du commandant de l’armée, Rodolphe Haykal, avant de laisser entendre que le président Donald Trump pourrait recevoir Joseph Aoun « si les conditions s’y prêtent ». Le Hezbollah se trouve désormais dans une situation délicate. Une riposte forte risquerait d’entraîner une confrontation de grande ampleur. À l’inverse, rien ne pourrait éroder sa stature auprès de sa base. Le communiqué publié après la mort de Tabatabaï, dénué de toute menace explicite, laisse penser que le mouvement cherche pour l’instant à éviter une spirale incontrôlable. La frappe du 23 novembre rappelle les opérations subies au début de l’année 2024, souvent destinées à affaiblir des personnalités clés avant un basculement vers une confrontation ouverte. À l’occasion de la fête de l’Indépendance, Joseph Aoun avait présenté une initiative en cinq points, offrant même une ouverture conditionnelle vers la paix avec Israël. Le timing de la frappe, quelques jours plus tard, résonne comme une réponse indirecte à ces annonces.

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