Les leaders du courant “Démocratie & Valeurs” annoncent la création d’un comité ad hoc chargé de réunifier le FPI et de préparer un congrès unitaire, mettant fin à leur courant.
Fini la dissidence, place à l’unité et au renouveau du parti. Un comité ad hoc chargé de conduire le Front populaire ivoirien (FPI) vers un congrès électif unitaire a été officiellement présenté mercredi à Abidjan, lors d’un point de presse organisé à l’Hôtel Belle Côte, à Cocody. Cette initiative marque la fin du courant interne « Démocratie & Valeurs », créé en 2024 pour contester la ligne du président du parti, Pascal Affi N’Guessan.
Le point de presse, conduit par le secrétaire de séance, Dagbo Godé Pierre, visait à présenter les conclusions internes ayant conduit à la dissolution du courant. Selon lui, la décision intervient après le retrait de son appel dans la procédure judiciaire engagée contre le congrès organisé par la direction du FPI en novembre 2024 à Yamoussoukro.
Un courant né du refus de la rupture
Formé le 26 septembre 2024, le courant « FPI – Courant Démocratie et Valeurs » avait été lancé par plusieurs cadres s’opposant à la décision unilatérale de Pascal Affi N’Guessan de rompre le partenariat signé en mai 2023 entre le FPI et le RHDP, autour de trois axes : réconciliation nationale, cohésion sociale et renforcement de la démocratie.
Ce partenariat avait permis au parti d’obtenir plusieurs postes électifs lors des régionales et municipales de 2023 : 149 conseillers municipaux dont 18 adjoints au maire, 55 conseillers régionaux dont 4 vice-présidents, ainsi que 33 membres au Conseil économique, social, environnemental et culturel (Céséc).
Les membres du courant jugeaient qu’une évaluation bilatérale de cette collaboration était nécessaire, alors que le président du parti souhaitait élargir ce bilan à l’ensemble des « forces vives de la Nation », une proposition rejetée par le partenaire RHDP. La décision de rupture, prise contre l’avis de la majorité des cadres, avait constitué « une voie sans issue », selon Dagbo Godé, poussant plusieurs militants à se démarquer.
Fin officielle de “Démocratie & Valeurs”
Suspendus lors du congrès de novembre 2024 et après la suppression des courants internes dans les nouveaux textes du parti, les cadres dissidents avaient maintenu une activité à travers un comité stratégique. Mais la demande formulée « par de nombreux militants », selon le texte lu, d’un retour à l’unité a conduit au retrait des procédures judiciaires et à la dissolution du courant.
« Le retrait de l’appel met fin à l’existence du courant ‘Démocratie & Valeurs’. Il n’a plus désormais de base légale », a indiqué Dagbo Godé.
Un comité ad hoc dirigé par Diabaté Beh
Le comité ad hoc mis en place est confié à Diabaté Beh, désigné à l’unanimité. Il aura pour mission de rassembler l’ensemble des militants du FPI et de préparer un congrès électif dans les plus brefs délais.
S’exprimant devant la presse, Diabaté Beh a souligné l’ampleur de la tâche dans un contexte marqué par « la désintégration » et les « fractionnements constants » du parti depuis le dernier congrès. « Nul ne sait aujourd’hui où est le FPI ni où il va », a-t-il regretté, appelant à « un nouveau souffle » pour un parti qu’il juge « isolé » sur la scène politique nationale.
Il a assuré qu’un comité de travail « inclusif » sera constitué pour préparer un congrès extraordinaire visant à réunifier le parti et à rétablir sa visibilité politique. « Le FPI ne doit pas mourir », a-t-il insisté, ajoutant que le renouveau devra s’appuyer sur les valeurs fondatrices du parti – justice, égalité, solidarité – auxquelles devront désormais s’ajouter « paix, cohésion sociale, dialogue et réconciliation nationale ».
Des contacts engagés avec la direction officielle
L’initiative intervient alors que le FPI traverse une période d’affaiblissement, après sa non participation à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Le nouveau comité ad hoc entend accélérer les discussions internes en vue d’aboutir à un congrès unitaire susceptible de repositionner la formation politique sur l’échiquier politique.
Aucune date n’a pour l’heure été annoncée pour la tenue de ce congrès.
Interrogé sur l’existence éventuelle de négociations préalables avec la direction officielle du FPI, Dagbo Godé a répondu que « la diplomatie ne se fait pas sur la place publique », évoquant des « contacts déjà noués » et un travail conduit par des « sages ».
« Il y a eu un temps pour les combats politiques, un temps pour les divergences. Mais aujourd’hui, il est temps d’avancer. Le FPI appartient à tous », a-t-il déclaré, tout en affirmant que l’objectif est de défendre « la paix, la cohésion sociale » et de reconstruire « une force politique crédible et unie ».



