Plus que quelques jours au Chili avant le second tour de l’élection présidentielle qui aura lieu dimanche (14 décembre). La candidate de la gauche Jeannette Jara, arrivée en tête du premier tour, affrontera le candidat d’extrême droite José Antonio Kast. Selon les sondages, celui-ci pourrait remporter l’élection grâce à l’union des droites et à une campagne centrée sur les questions de sécurité, de lutte contre l’immigration illégale et le narcotrafic. Hier (mardi) soir se tenait le dernier débat à la télévision chilienne.
Pendant plus de trois heures, Jeannette Jara et José Antonio Kast se sont fait face, dans ce qui a certainement été le débat le plus musclé depuis le début de la campagne, rapporte notre correspondante à Santiago, Naïla Derroisné.
Candidate d’une vaste coalition de gauche et arrivée en tête avec 26,85 % des suffrages, Jeannette Jara, part désavantagée. La droite, qui présentait à la présidence trois candidats issus de différentes forces, a recueilli plus de 50 % des voix dimanche, et les sondages anticipent une victoire de l’ultraconservateur José Antonio Kast, qui a obtenu le soutien d’Evelyn Matthei, figure de la droite traditionnelle, et du député libertarien Johannes Kaiser.
Aussi Jeannette Jara a-t-elle changé de stratégie, passant à l’offensive et pressant son adversaire à plusieurs reprises pour qu’il détaille son programme. José Antonio Kast (23,92% des voix), souvent évasif lors des débats, s’est montré plus agité que d’habitude. Ce que n’a pas manqué de lui faire remarquer sa rivale. « Tu es bien agressif, calme-toi un peu », lui lance-t-elle.
Mais José Antonio Kast ne s’est pas laissé déstabiliser et a continué de s’en prendre au gouvernement du président Gabriel Boric dont faisait partie Jeannette Jara, au poste de ministre du Travail. « Il n’y a que deux chemins : le changement ou la continuité pour passer de la médiocrité à l’excellence, de la paresse au rendement et du désordre à l’ordre », a-t-il asséné.
Jeannette Jara cherche, quant à elle, à élargir impérativement sa base électorale. « Je crois en une patrie où au lieu de se haïr, on s’unit. Et c’est vrai qu’on a des défis à relever. Mais c’est aussi vrai que quand on s’unit on peut avancer ! », a-t-elle conclu.
Le vote dimanche sera obligatoire, 16 millions de Chiliens seront appelés aux urnes.
La droite majoritaire dans les chambres
Les partis de droite alliés au candidat d’extrême droite à la présidentielle chilienne José Antonio Kast, qui affrontera en décembre sa rivale de gauche Jeannette Jara lors d’un second tour, vont disposer d’une majorité au Parlement, selon les résultats officiels du scrutin législatif. Les électeurs devaient aussi renouveler la Chambre des députés et la moitié du Sénat chiliens.
La droite et l’extrême droite supplanteront les forces de centre gauche à partir du 11 mars. À la Chambre des députés, elles auront 76 des 155 sièges. Le Parti républicain de José Antonio Kast, classé à l’extrême droite, deviendra la principale force de la chambre basse avec 31 députés, contre 9 lors du précédent scrutin. Au Sénat, il passe d’un siège obtenu en 2021 à cinq. À la chambre haute, les formations de droite disposeront de 25 sièges, contre 23 pour les partis de gauche.



