Depuis Beyrouth, le chef du Hezbollah, Naim Kassem évite l’État libanais et refuse le désarmement. Après le cessez-le-feu, le Hezbollah pose ses conditions au gouvernement Aoun pour une stratégie de défense. Le parti chiite libanais somme l’État libanais de « revoir ses calculs ». Inflexible, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, a précisé cet avertissement aux autorités libanaises. Samedi, lors d’une cérémonie dans la banlieue sud de Beyrouth, le chef du parti chiite a appelé l’État à cesser toute concession à Israël et à modifier son approche.
« Que l’État cesse les concessions », a-t-il lancé, laissant planer une pression claire sur le gouvernement en pleine période de négociations indirectes. Le discours du chef du Hezbollah campe sur un nouveau partage des rôles depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Pour lui, une phase différente à commencé. « L’État est devenu responsable de la souveraineté, de la protection du Liban, de l’expulsion de l’occupant et du déploiement de l’armée », a t-il déclaré. Une façon de renvoyer la balle dans le camp du pouvoir politique, qu’il estime trop conciliant.
« Les négociations sont une chose, l’agression en est une autre »
Le ton est monté d’un cran lorsque Naim Kassem a cité les déclarations récentes de l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa. « N’avez-vous pas entendu l’ambassadeur américain dire que les négociations sont une chose et que la poursuite de l’agression en est une autre ? », a t-il mélangé avec virulence. Mercredi dernier, l’envoyé américain avait effectivement prévenu que les pourparlers libano-israéliens ne signifiaient pas un arrêt des opérations militaires israéliennes. Une distinction que le Hezbollah prend comme un moyen de justifier sa posture. Kassem en a tiré la conclusion que l’État libanais doit « faire marche arrière et revoir ses calculs ». Le numéro un du Hezbollah a répété l’offre de coopération de son mouvement avec l’armée libanaise. « La résistance est prête à une coopération maximale avec l’armée libanaise », a-t-il assuré, affirmant qu’elle l’avait déjà aidée à étendre l’autorité de l’État.
Avec la capitulation, le Liban ne subsistera pas, et la Syrie est un exemple. Ne pense pas que la Syrie se redresse, tout cela est une illusion
Mais cette collaboration a une limite infranchissable : le désarmement. Naim Kassem a fermement rejeté toute idée de remise des armes. « Les armes ne seront pas remises pour satisfaire l’objectif d’Israël, même si le monde entier s’unissait dans une guerre contre le Liban », a t-il martelé. Pour lui, l’arsenal du Hezbollah est une force complémentaire, surtout si l’armée montre régulièrement des faiblesses. « Si l’armée n’est pas capable d’assurer la protection du pays, doit-on réclamer son désarmement ? Non. Nous exigeons le renforcement de son armement », a t-il argumenté.
Le rejet catégorique de la « capitulation »
Le discours était aussi un plaidoyer contre ce que le chef chiite qualifie de « capitulation ». Il a mis en garde contre les conséquences d’une telle voie, prenant l’exemple de la Syrie voisine. « Avec la capitulation, le Liban ne subsistera pas, et la Syrie est un exemple. Ne pensez pas que la Syrie se redresse, tout cela est une illusion », estime-t-il. Il accuse certains de vouloir « affaiblir la résistance et équiper l’armée de manière limitée afin que le Liban soit sans force ». Une stratégie qu’il rejette au profit d’un modèle où la force du Hezbollah soutiendrait l’État face à Israël. Le discours de Naim Kassem dessine les contours des prochains mois au Liban-Sud. Il rappelle que son mouvement refuse toujours de retirer ses armes tant qu’Israël maintient, selon lui, son occupation et ses violations.
Il s’appuie même sur le commandant de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), qui aurait reconnu ne pas avoir de preuves du réarmement du Hezbollah au sud du Litani, tout en constatant des violations « flagrantes » du cessez-le-feu par Israël. Pour le Hezbollah, la résistance a déjà prouvé son efficacité par « quatre grandes réalisations » : la libération des terres, la résistance tenace, la dissuasion de l’ennemi et la fin de l’invasion du pays. Un bilan qui, selon Kassem, légitime sa place dans l’équation défensive libanaise et justifie son refus de pince. Pour le Hezbollah, Beyrouth doit maintenant prendre ses responsabilités, sans compter sur le désarmement du parti.



