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Côte d’Ivoire: Nouveau gouvernement, “Il est temps de nommer une femme à la Primature”

Pour le politologue ivoirien Geoffroy Julien Kouao, le moment est venu de franchir un cap historique en nommant, pour la première fois, une femme au poste de Premier ministre. Cette prise de position intervient au lendemain de la démission du gouvernement dirigé par Robert Beugré Mambé.

Dans quelques jours, la Côte d’Ivoire connaîtra la composition de son nouveau gouvernement. Une étape institutionnelle classique, mais qui pourrait, selon certains observateurs, constituer une opportunité de rupture et d’innovation politique.

Une réforme symbolique et structurelle
Pour Geoffroy Julien Kouao, politologue et analyste politique ivoirien, cette transition ouvre la voie à une réforme symbolique et structurelle : l’instauration d’une véritable parité au sommet de l’exécutif.

Selon lui, le contexte est favorable à une telle évolution. « Le temps est venu de nommer une femme Premier ministre », estime-t-il, invoquant le principe constitutionnel d’égalité entre les femmes et les hommes. Une telle nomination serait une première dans l’histoire politique ivoirienne et marquerait, à ses yeux, un signal fort en faveur de l’inclusion et du progrès démocratique.

L’analyste s’appuie sur des données chiffrées pour étayer son plaidoyer. Le gouvernement démissionnaire comptait 33 membres, dont seulement six femmes, soit environ 18 % de l’effectif. Un déséquilibre qu’il juge difficilement justifiable, 66 ans après l’indépendance du pays. « Les femmes doivent occuper 50 % des postes ministériels », soutient-il, appelant à un gouvernement strictement paritaire, composé d’un nombre égal de femmes et d’hommes.

La Côte d’Ivoire ne peut rester en marge de cette dynamique mondiale
La question de la parité se pose également, selon lui, au niveau des ministres-gouverneurs. Sur les 14 districts autonomes qui comptent la Côte d’Ivoire, une seule femme occupait cette fonction stratégique dans l’équipe sortante. Là encore, Geoffroy Julien Kouao plaide pour un rééquilibrage en profondeur, estimant que la représentation féminine reste largement en déçà des standards internationaux.

Pour étayer son propos, le politologue rappelle que plusieurs pays ont déjà franchi ce cap. Des États comme la France ou le Rwanda ont institutionnalisé la parité gouvernementale, faisant de l’égalité femmes-hommes un principe central de leur gouvernance. « La Côte d’Ivoire ne peut rester en marge de cette dynamique mondiale », affirme-t-il.

Ce plaidoyer s’inscrit, précise-t-il, dans une vision politique qu’il qualifie de progressiste, qu’il avait déjà défendu dans son programme lors des dernières élections législatives. À ses yeux, il serait « à l’honneur de la droite libérale au pouvoir » d’adopter cette politique paritaire, gage d’égalité, de modernité et de cohésion sociale.

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