À la direction générale des Impôts, la réforme se heurte au maintien des responsables déjà à la retraite. Dans une lettre ouverte, des agents interpellent le président Ouattara sur ce blocage.
En Côte d’Ivoire, la réforme de l’administration fiscale se heurte à un obstacle bien précis : la présence prolongée de certains responsables déjà partis à la retraite. C’est l’alerte lancée par la Coordination Dignité de la direction générale des Impôts ( CODIDGI ) dans une lettre ouverte envoyée au président Alassane Ouattara, rendue publique en ce début d’année 2026.
Admis à la retraite, mais encore présents
Dans ce courrier, la coordination commence par saluer la vision du chef de l’État, notamment son engagement en faveur de la transition générationnelle dans la gestion des affaires publiques. Une orientation jugée nécessaire pour moderniser l’État et donner plus de place aux nouvelles compétences. Mais sur le terrain, à la direction générale des Impôts (DGI), cette transition tarde à se concrétiser.
Selon la structure regroupant plusieurs syndicats d’agents des impôts, la DGI reste une administration stratégique dont le potentiel est loin d’être pleinement exploité. Avec une réforme profonde de son organisation et de ses méthodes de travail, elle pourrait, affirmer la coordination, mobiliser plus de 10 000 milliards de francs CFA de recettes. La digitalisation des procédures, la meilleure gestion des carrières et l’adaptation du modèle économique aux réalités ivoiriennes sont présentées comme des leviers clés.
Le problème, insiste la CODIDGI, c’est qu’un frein majeur persiste : certains hauts responsables, pourtant admis à la retraite, continuent d’occuper des postes clés. La lettre cité notamment l’ancien directeur des Ressources humaines, dont le départ serait légalement effectif depuis le 31 décembre 2025, mais qui serait toujours en fonction. Autre cas évoqué, celui du directeur en charge de la conservation foncière, de l’enregistrement et du timbre, à la retraite depuis 2024, mais toujours en poste.
L’arbitrage du chef de l’État attendu
Pour la CODIDGI, ces situations vont bien au-delà des simples irrégularités administratives. Elles traduisent un blocage structurel qui freine le renouvellement des équipes dirigeantes et limite les perspectives d’évolution pour les jeunes cadres. En interne, ce maintien prolongé est perçu comme une source de frustration et d’injustice.
« Quand ceux qui doivent partir restent, les jeunes cadres compétents n’ont pas de place pour monter », reprennent, en substance, les agents proches du dossier.
La coordination estime également que cette situation contredit l’esprit de la transition générationnelle défendue par le président de la République. Lors de sa prestation de serment, le 8 décembre 2025, Alassane Ouattara avait d’ailleurs annoncé un mandat placé sous le signe de la transmission générationnelle.
Sans ton de rupture, la CODIDGI en appelle donc à l’arbitrage du chef de l’État. Mettre fin à ces situations, selon elle, permettre de restaurer l’équité, de renforcer la transparence et de donner à la DGI les moyens humains nécessaires pour réaliser ses ambitions. L’objectif affiché est clair : faire de l’administration fiscale un moteur de croissance et un véritable pilier de la souveraineté économique de la Côte d’Ivoire.



