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Cours communes d’Abidjan : puits perdus et douches partagées, le calvaire des locataires

Dans les cours communes d’Abidjan, la promiscuité et l’insalubrité deviennent la norme. Entre puits perdus mal entretenus et douches insuffisantes pour des dizaines de familles, les habitants dénoncent un quotidien indigne.

Seize familles pour trois douches, c’est le quotidien de nombreux locataires dans les cours communes . À cela s’ajoutent des puits perdus qui débordent faute d’entretien, transformant ces espaces de vie en foyers d’insalubrité.

Quand l’hygiène devient un luxe dans les cours communes d’Abidjan
Les cours communes, autrefois perçues comme des lieux de solidarité et de convivialité, se transforment aujourd’hui en espaces de survie. Les infrastructures sanitaires y sont largement insuffisantes : deux ou trois douches pour des dizaines de familles, des toilettes saturées et des puits perdus laissés à l’abandon. Ce manque d’équipements de base fragilise la santé des habitants et rend la vie quotidienne pénible dans ces habitats, surtout pour les enfants et les femmes qui doivent composer avec des conditions précaires.

Puits perdus et douches saturées, un problème qui mine la dignité
Le puits perdu, élément essentiel pour l’évacuation des eaux usées, devient un véritable cauchemar lorsqu’il n’est pas vidé régulièrement. Les odeurs, les débordements et les risques de maladies hydriques s’ajoutent à la promiscuité des douches partagées. Dans certaines cours, les portes doivent se contenter de deux ou trois douches, créant des dossiers interminables et des tensions entre voisins. Ce quotidien met en lumière une privation de dignité, où l’accès à l’hygiène se transforme en bataille

Propriétaires et locataires, un bras de fer sans fin, Une crise du logement populaire qui interpelle les autorités
La question de la responsabilité reste floue, les propriétaires estiment que les locataires doivent assumer l’entretien, tandis que les locataires dénoncent un abandon total. Ce bras de fer alimente les conflits et laisse les cours communes dans un état de dégradation avancée. L’absence de réglementation claire sur la gestion des puits perdus et des infrastructures sanitaires accentue le problème, transformant ces espaces en zones grises où chacun se renvoie la faute. Au-delà des cours communes, cette situation révèle une crise plus large du logement populaire dans les grandes villes. La croissance démographique rapide n’est pas accompagnée par des infrastructures adaptées, et les populations les plus vulnérables en paient le prix. Les autorités locales sont interpellées, car il est urgent de repenser la gestion des cours communes, d’imposer des normes sanitaires et de garantir un minimum de dignité aux habitants.

« Nous payons un loyer chaque mois, mais regardez dans quelles conditions nous vivons. Deux douches pour saisir familles, un puits perdu qui déborde… Ce n’est plus une cour, c’est un calvaire », s’indigne une mère de famille locataire dans une cour commune à Port-Bouet.

Les cours communes, symboles d’un mode de vie populaire, se dégradent sous le poids de l’insalubrité et du manque d’infrastructures. Tant que la question des puits perdus et des sanitaires ne sera pas prise au sérieux, elles resteront le miroir d’une crise urbaine où la dignité des habitants est reléguée au second plan.

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