Le célèbre rappeur américain Kanye West s’est payé, dans l’édition de cette nuit du Wall Street Journal, une pleine page de publicité où il présente ses excuses pour ses errements passés : sorties racistes, antisémites voire négationnistes, vente de t-shirts arborant des croix gammées, publication d’une chanson intitulée « HH » pour « Heil Hitler ».
Dans sa lettre, le rappeur commence par retracer sa descente aux enfers : un accident de voiture il y a 25 ans, les lésions cérébrales qui se sont ensuivies, puis sa bipolarité, longtemps restée sans diagnostic. C’est à cause d’elle, dit Kanye West, qu’il a « perdu pied », « déçu la communauté noire », et commis « des erreurs de jugement. » En fait, cette lettre ouverte a des airs de longue justification plutôt que d’excuses, même si le chanteur dit être « profondément mortifié » de ses agissements.
Pourtant, sa sincérité pose question. Outre l’excuse des troubles psychiatriques – qui n’entraînent pas nécessairement des prises de position racistes ou antisémites – il faut aussi rappeler que Kanye West s’est déjà excusé, par le passé, de certains propos, sans pour autant y mettre fin.
Et puis il y a le contexte. Sur fond d’exactions de l’ICE et de manifestations à Minneapolis, Kanye West cherche peut-être à se distancier de la sphère de Donald Trump qu’il a pourtant encensée ces dernières années. Surtout, le rappeur s’apprête à sortir un nouveau disque, Bully, peut-être dès ce vendredi. Difficile de ne pas y voir une tentative de se racheter une image pour éviter un échec commercial.



